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Cameroun | Les dirigeants d’elecam ne sont pas crédibles pour garantir des élections transparentes justes et démocratiques

Après le scandale des fraudes massives et les résultats de 100,48% de votes considérés comme valablement exprimés lors du scrutin présidentiel du 07 octobre 2021, les dirigeants d'elecam viennent de perdre définitivement toute crédibilité pour garantir des élections transparentes, justes et démocratiques dans notre pays, avec la publication, le 10 janvier 2024, de la liste révisée des électeurs inscrits sur son fichier en 2023.

Par panorama papers
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Nintcheu

Avec Jean Michel Nintcheu

Dès sa création en 2012, la nomination d’anciennes pontes du régime jamais affranchies du parti unique à sa tête ne présageait rien de bon. Cependant, nombreux sont les Camerounais et les observateurs internationaux qui avaient fait le pari que les militants du Rdpc désormais appelés à jouer les arbitres dans les compétitions électorales pouvaient s’élever à la hauteur des espoirs portés sur eux par la nation tout entière. Malheureusement, à l’épreuve des faits, et au quotidien, les dirigeants successifs d’elecam n’ont jamais su se départir de leur appartenance au parti au pouvoir. En effet, on peut constater qu’en dix ans de fonctionnement, elecam s’est avéré être un vulgaire machine à fraudes électorales au profit du Rdpc.
Les dirigeants d’elecam ont systématiquement pris des libertés avec les exigences légales visant à rendre les élections transparentes, justes, libres et loyales au Cameroun. Que l’on pense aux prescriptions relatives à la publication des listes électorales à la fin de chaque année ou avant les élections. Alors que la loi fait obligation à elecam de publier au 30 décembre de chaque année la liste nationale des électeurs inscrits par ordre alphabétique, les dirigeants de l’organe électoral, conscients que le respect de cette obligation légale pourrait permettre de détecter les fausses inscriptions, les multiples inscriptions, les inscriptions de personnes décédées etc., violent la loi et l’assument.


À chaque élection, en violation de la loi, c’est le jour même du vote que les électeurs cherchent à longueur de journée les listes des inscrits et leurs bureaux de vote. Des bureaux de vote sont installés dans les domiciles des militants du Rdpc et dans les casernes malgré les dispositions du Code Électoral et les promesses d’elecam; les présidents des bureaux de vote sont systématiquement choisis parmi les militants du Rdpc. Concernant les mensonges relatifs au nombre exact des inscrits sur le fichier électoral, les dirigeants d’elecam viennent, une fois de plus, d’être pris en flagrant délit de faux et de préparation de fraudes électorales avec la publication le 10 janvier 2024 de la liste des inscrits par région pour l’année 2023.
Cette liste prétend qu’il y aurait en fin 2023, seulement, 7 361 875 Camerounais inscrits!
Or en 2011, on comptait déjà 7 521 651électeurs inscrits (source Cour suprême statuant comme Conseil constitutionnel);
En 2018, au terme du scrutin présidentiel du 07 octobre marqué par des fraudes sauvages, le Conseil constitutionnel établissait à 6 667 754 le nombre d’inscrits.


Lorsqu’on rapporte le nombre d’inscrits allégués en 2023 à celui de 2018, il se dégage qu’en cinq ans, et malgré les campagnes de mobilisations citoyennes pour les inscriptions sur les listes électorales conduites par différents acteurs dont les partis politiques que tout observateur objectif peut témoigner avoir vues à travers le pays et dans la diaspora et les budgets colossaux mobilisés par l’État, ELECAM aurait inscrit seulement 694.121 nouveaux électeurs. Soit 138.821 inscrits par an, 17.352 par mois car la campagne d’inscription dure huit mois. Ce chiffre rapporté aux 360 communes que compte le pays donne un ratio de 48 électeurs inscrits par mois par commune. Si on considère que les inscriptions se font du lundi au samedi soit sur 6 jours dans une semaine, on a 8 inscriptions par jour et par commune !
Et si l’on rappelle que le Cameroun compte 37 ambassades où ELECAM procède également à des inscriptions, ce ratio baisse encore. Face à ces chiffres qui jurent avec la réalité de la mobilisation quotidienne des Camerounais pour s’inscrire sur les listes électorales que chacun peut observer depuis le double scrutin législatif et municipal de 2013, il devient clair et incontestable que les dirigeants d’ELECAM faussent le jeu électoral au profit du RDPC dès l’enregistrement des nouveaux inscrits. ELECAM enregistre les inscriptions mais ne les comptabilise pas toutes. Son objectif étant de faire coïncider plus ou moins le nombre de Camerounais autorisés à voter avec le sommier électoral du RDPC.

Face à ces faits graves et dangereux pour la paix et la démocratie dans notre pays, et en considérant les revendications postélectorales qui ont suivi le Hold UP électoral de 2018, la situation politique, sociale et sécuritaire particulièrement incandescente dans le contexte actuel, l’ALLIANCE POLITIQUE POUR LE CHANGEMENT (APC) constate que les dirigeants d’ELECAM se sont transformés en obstacles à la tenue d’élections libres, transparentes, justes et démocratiques au Cameroun. Ils sont dangereux pour la paix dans notre pays. Si des mesures politiques fortes ne sont pas prises en urgence avant les prochaines élections, il y a un grand risque que cet organe initialement conçu pour organiser d’élections démocratiques apaisées se mue en détonateur du chaos électoral.
L’APC est totalement solidaire de la Plateforme des partis politiques et organisations de la société civile qui a déposé sur la table du gouvernement, il y a plus d’un an déjà, une proposition de modification consensuelle et participative du Code Électoral.
Les dirigeants d’ELECAM doivent se ressaisir afin d’assurer à notre pays des lendemains d’élections apaisés au cours de l’année crutiale de 2025. L’APC invite les Camerounais à continuer d’aller massivement s’inscrire sur les listes électorales, pour une alternance par les urnes au Cameroun.
Fait à Douala le 15 janvier 2024
Pour l’APC,
Le Coordonnateur National par intérim
Honorable Jean Michel NINTCHEU
Président National du Front pour le Changement du Cameroun (FCC).

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