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Cameroun > Session ordinaire de la Cemac: Regards stratégiques sur une sous-intégration

La 15ème Conférence des chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale ( Cemac) s'est tenue à Yaoundé ce 17 mars 2023 dans la même ambiance que ses devancières. Questionnements !

Par panorama papers
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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

La population de la Cemac, chauffée à blanc d’une part par toute la rhétorique peu ou peu fondée émanant des milieux indépendistes qui foisonnent sur le continent et au sein de la diaspora, et d’autre part par la tournure de l’actualité dans les pays africains francophnes, était animée par la croyance que cette 15 ème rencontre du genre des chefs d’État allait satisfaire leur attente majeure: la question du Franc Cfa par exemple. Il n’en a été rien. Les six hommes d’État se sont bien gardés de suivre l’exemple de leurs pairs de l’Afrique de l’Ouest investis dans la lancinante question de se débarrasser de cette monnaie bouc- émissaire de toute la galère économique des pays africains francophones. Les institutions financières de la sous-région, de concert avec les ministères en charge des questions financières et économiques sont vivement appelés comme il en avait été le cas lors des précédents sommets, de mener une réflexion idoine et appropriée pour éclairer ces six États sur les tenants et les aboutissants de battre une monnaie commune nouvelle prioritairement sur le sol de la Cemac.

C’est un vœu, comme on l’a vu au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ( Cedeao), qui a atterri sur la table de la Conférence des chefs d’État comme un mort-né ou comme un prématuré dont le pronostic vital était gravement engagé. De ce fait, l’Eco, la nouvelle monnaie commune tant espérée entre les 15 pays de l’Afrique de l’Ouest aura vécu. Les tiraillements entre les pays anglophones et francophones de la Communauté auront eu raison de l’essence de la question. Les Anglophones, à l’exemple du Nigeria et du Ghana, ne voulaient pas du tout d’une monnaie dont la parité serait adossée à l’Euro, ce que voulaient les francophones comme il en allait et en va toujours du Fcfa. Personne n’oublie pas qu’il y a quelques années, il a fallu que Paul Biya le président camerounais pèse de tout son poids auprès des institutions de Betton Woods pour empêcher ou retarder l’échéance d’une dévaluation inexorable.

Dans une communauté où la diversité de l’économie est un leurre, où l’économie extractile a ses lettres d’or, il va sans dire que la dévaluation du Fcfa de ‘Afrique centrale est une impérativité après celle de 1994. Jusqu’à quand donc Paul Biya avec son pays le Cameroun qui a une économie relativement diversifiée pourra résister contre la bourrasque ? Le pari est pris comme il se sussurre dans les chancelleries occidentales que d’ici 5 ans, s’il n’y a pas une embellie significative du prix du baril de pétrole sur le marché international, la dévaluation sera inévitable

La question de l’intégration

La Cemac se réduirait-elle à un syndicat des chefs d’État comme les langues fourchues assènent à tout vent? Même si par chauvinisme et autres on pourrait être tenté de répondre tout de go par l’affirmative, il n’en demeure pas pour autant moins vraii que la Cemac ressemble à s’y méprendre à une coquille vide. En dehors des pays comme le Cameroun, le Tchad, la Rca et le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale sont le ventre mou de la communauté. Pour quitter Yaoundé et arriver à Libreville, il faut franchir plus d’une trentaine de barrières ou plus d’une quinzaine pour arriver à Bata. Tout ceci explique ou affirme la difficulté de circulation entre les autres pays de la communauté et ces deux pays. Cerise sur le gâteau, on a vu ces derniers temps la chasse ouverte aux Camerounais à Bata et Malabo, comme ce fut le cas autrefois au Gabon. Au cours de cette 15ème Conférence, on a entendu le président camerounais revenir sans cesse sur la nécessité de donner de l’impulsion au niveau de chaque Etat à l’implémentation du passeport Cemac.

Est-il compris par ses pairs? C’est une épineuse question car la Cemac des peuples semble un leurre au moment où les États affirment prioritairement leur souveraineté aux dépens des intérêts communautaires Comment expliquer qu’entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale par exemple, les autorités de ce dernier pays en viennent à construire un mur? Comment comprendre que Paul Biya continue de tenir un discours diplomatique avec ses pairs de la Cemac qui pourchassent les citoyens camerounais?

Il y a lieu cependant d’indiquer pour affirmer les acquis de la volonté communautaire, qu’entre le Cameroun, le Tchad, la Rca et le Congo, la circulation des biens et des personnes n’est pas de la mer à boire, ces pays étant pénétrés de l’esprit du vivre ensemble communautaire. Il y a lieu aussi d’indiquer qu’entre ces États de la Cemac règne un esprit de suspicion quasi général. Qu’on se souvienne. A la mort d’Idriss Deby Itno au champ de bataille en 2020, on a vu qu’à Ndjamena pour les obsèques, en dehors du président Faustin Archange Touadera auprès d’Emmanuel Macron, aucun chef d’État de la Cemac ne fit le déplacement.

Une réalité pénible et stressante qui interroge toute la dimension communautaire dans un tel contexte. Bien plus, avec la situation sécuritaire préoccupante en Rca, ce ne sont pas les contingents de la Cemac qui sont en première ligne dans la sécurité du numéro un centrafricain, mais plutôt le groupe Wagner russe et les forces rwandaises. C’est tout dire. En outre, entre le Tchad et la Rca, la sérénité n’est pas au beau fixe car aujourd’hui, Bozizé le parrain de la rébellion à Bangui a toutes les bonnes grâces au Tchad où il vit en toute impunité, couroussant au plus haut point Bangui.

A côté de ceci, on peut relever la méfiance de Malabo vis-à-vis du Cameroun et du Tchad, qu’elle suspecte sans cesse de vouloir lui chercher des noises. Dans un tel contexte, que vaut le concept de communauté en zone Cemac qui visiblement est la zone la plus sous-intégrée de l’Union africaine ? Le poids des souverainetés nationales dans de nombreux secteurs n’a pas encore fini d’exposer au grand jour les égos des chefs d’État qui s’identifient aux États, leur personnalité très forte écrasant allègrement les institutions communautaires en gestation. C’est le moins juin puisse dire d’une zone où le Cameroun qui est sensé être la locomotive se trouve finalement piègé de ce fait. A ce niveau, des experts avisés recommandent de plus en plus au pays de Paul Biya de sortir de regroupement, qui a la longue sera un vrai piège, tant politique qu’économique. C’est à voir!

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