Par Oumou Fatoumata Diallo
Face aux députés, lors de la séance des questions d’actualité du vendredi 22 mai, Ousmane Sonko a rejeté toute idée de moratoire sur l’application de cette loi controversée. Le chef du gouvernement a affirmé vouloir mettre fin à ce qu’il a qualifié de « prolifération » de l’homosexualité, promettant que la justice poursuivrait tous les suspects, y compris les « gros poissons ».
« Nous n’avons pas de leçons à recevoir », a déclaré Ousmane Sonko, dénonçant « une tyrannie de l’Occident » qui chercherait, selon lui, à imposer l’homosexualité au reste du monde à travers « la maîtrise des médias ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte répression. Plus d’une centaine de personnes accusées d’« actes contre nature » ou de transmission volontaire du Vih ont été arrêtées au cours des trois derniers mois au Sénégal. Cette situation suscite de vives inquiétudes parmi plusieurs organisations de défense des droits humains et des intellectuels africains, qui ont récemment demandé un moratoire sur l’application de cette législation.
Au cours de cette même intervention parlementaire, Ousmane Sonko a également abordé la crise économique que traverse le pays. Reconnaissant une « situation difficile », il a défendu le plan de redressement économique du gouvernement et les nouvelles mesures fiscales destinées à augmenter les recettes de l’État.
Le ministre des Finances Cheikh Diba a, pour sa part, annoncé la reprise des discussions avec le Fonds monétaire international dès le mois de juin afin de négocier un nouveau programme économique avec Dakar.
Le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de Ousmane Sonko le 22 mai 2026, ouvrant une nouvelle période d’incertitude politique au Sénégal. Figure centrale du pouvoir depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye en 2024, Sonko restait l’un des dirigeants les plus influents et controversés du pays.
