Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une correspondance adressée vendredi au ministre Paul Atanga Nji, le directoire du parti conteste les termes d’une lettre du Minat datée du 19 août. L’administration justifie sa position par le non-respect de l’obligation de déclaration préalable prévue par la loi du 19 décembre 1990 portant régime des réunions et manifestations publiques.
Le Mrc affirme avoir initialement déclaré une convention prévue le 29 novembre 2025 à son siège de Yaoundé. Deux jours avant sa tenue, le sous-préfet de Yaoundé IV avait interdit le rassemblement en invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Les forces de sécurité avaient ensuite occupé les abords du siège du parti du 28 novembre au 1er décembre.
Face à cette interdiction, le directoire avait décidé d’organiser la convention par visioconférence le 21 décembre. La réunion avait adopté de nouveaux textes et élu un nouveau bureau. Ces décisions avaient été transmises au Minat et au gouverneur de la région du Centre par des correspondances datées du 5 janvier 2026.
Le parti estime qu’une réunion virtuelle ne peut être soumise aux mêmes formalités qu’un rassemblement physique. Il relève que la déclaration préalable doit être déposée auprès du sous-préfet territorialement compétent et demande sur quel territoire une visioconférence pourrait juridiquement être située.
Le Mrc reproche également au Minat de qualifier de « requête » une simple lettre de transmission de documents. Il souligne que la loi portant régime des partis politiques garantit la liberté de leurs activités et ne prévoit aucune intervention de l’administration dans leur fonctionnement interne.
Le parti considère ainsi la correspondance du 19 août comme une atteinte à son autonomie et exhorte Paul Atanga Nji à respecter les dispositions de la loi du 19 décembre 1990 portant régime des partis politiques. Cette nouvelle confrontation prolonge le bras de fer entre le Minat et le Mrc autour de la reconnaissance de la direction et des textes issus de la convention de décembre 2025.
