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🇨🇲 Cameroun | Yaoundé : Sans QR code, les taxis jaunes prennent la direction de la fourrière

Depuis le 6 octobre, la Communauté urbaine de Yaoundé est passée à la phase répressive de son identification numérique des taxis : QR code personnel pour chaque chauffeur, numéro de portière unique pour chaque véhicule — et fourrière pour les récalcitrants. Des files de chauffeurs s'allongent devant l'hôtel de ville.

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Par Joël Onana

Yaoundé, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le compte à rebours est terminé. Depuis le lundi 6 octobre, les forces de l’ordre conduisent systématiquement en fourrière les taxis jaunes de la capitale non enregistrés sur la plateforme Taxi-Yaoundé.com. Des centaines de chauffeurs font désormais la queue devant l’hôtel de ville pour régulariser leur situation.

Le dispositif est prévu par un arrêté municipal du 25 juin 2026, signé par le maire de la ville, Luc Messi Atangana. Chaque conducteur enregistré reçoit gratuitement un QR code personnel ; chaque véhicule se voit attribuer un nouveau numéro de portière unique, qui remplace les anciens numéros souvent peints sans garantie de sérieux. Objectif affiché : lutter contre les faux taxis, sécuriser les passagers et retrouver plus vite un chauffeur en cas de litige.

Le dossier exigé est complet ou n’est pas validé : pièce d’identité, titres de transport, papiers du véhicule, visite technique, assurance. La plateforme, développée avec l’appui de la coopération allemande (GIZ), centralise les données dans une base unique. Les passagers équipés d’un smartphone pourront vérifier instantanément l’identité du chauffeur et la conformité du véhicule.

Les opérateurs avaient du 3 juillet au 5 octobre pour s’enregistrer gratuitement. Fin septembre, la plateforme comptait quelque 2 000 inscrits, avec environ 1 000 opérateurs supplémentaires attendus dans la dernière ligne droite. L’ultimatum a été réitéré par Luc Messi Atangana lors d’une séance de travail avec les syndicats de transporteurs : passé le délai, la fourrière.

Certains professionnels saluent une mesure contre la concurrence déloyale des clandestins. D’autres restent sceptiques : un chauffeur interrogé par la presse locale estime que les autorités feraient mieux de s’occuper d’abord de l’état des routes, et des syndicats s’inquiètent de la confidentialité des données centralisées.

Yaoundé veut des taxis traçables. Reste à savoir si la répression suffira à convertir les derniers récalcitrants — ou si les fourrières de la capitale deviendront le nouveau parking des taxis jaunes.

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