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🇨🇲Cameroun| Socapalm – Risques chimiques à Dibombari: Le Docteur Eyoum dévoile dans une interview exclusive les réflexes qui sauvent

A la Socapalm, la santé et la sécurité au travail ne se résument pas au port des équipements de protection : elles reposent sur l’anticipation du risque, la maîtrise des gestes, l’organisation du travail et la vigilance collective. À la suite de la formation organisée à Dibombari sur la gestion des risques liés aux produits chimiques, le Dr Eyoum Njowe Carole revient sur les enjeux médicaux, préventifs et opérationnels de cette démarche d’amélioration continue.

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Par Zobel A. Mbon

Dr Eyoum, quel était l’objectif principal de cette formation consacrée à la gestion des risques liés aux produits chimiques, et pourquoi était-il important de l’organiser spécifiquement à l’intention des responsables et de leurs équipes ?

L’objectif était très concret : faire en sorte que chaque personne appelée à encadrer, manipuler, transporter, stocker ou utiliser un produit chimique soit capable d’identifier le danger avant qu’il ne devienne un accident ou une atteinte à la santé.Former les responsables avec leurs équipes est essentiel, parce que la prévention ne peut pas rester une connaissance théorique portée par quelques spécialistes. Le responsable organise l’activité, donne les consignes, contrôle les conditions d’exécution et doit pouvoir interrompre une situation qu’il juge dangereuse. Les équipes, elles, traduisent ces règles dans les gestes du quotidien. Réunir les deux niveaux permet donc d’aligner la décision et l’action.Le message de fond était simple : face au risque chimique, on ne doit jamais banaliser l’exposition. Connaître le produit, comprendre ses dangers, respecter les procédures et veuiller a l’utilisation adaptée des moyens de protection disponibles sont les premières barrières de sécurité.

Sur le plan de la santé au travail, quels sont les principaux risques auxquels les travailleurs peuvent être exposés lors de la manipulation ou de l’utilisation de produits chimiques, et en quoi la formation constitue-t-elle un outil essentiel de prévention ?

L’exposition peut se faire par inhalation, par contact avec la peau ou les yeux, ou encore par ingestion accidentelle. Selon le produit, la dose, la durée et la fréquence d’exposition, les conséquences peuvent aller d’une irritation cutanée ou respiratoire, d’une brûlure ou d’une intoxication aiguë à des effets plus tardifs liés à des expositions répétées.C’est précisément pour cela que la formation est déterminante. Elle apprend à ne pas attendre l’accident pour agir. Elle donne aux travailleurs des repères pour lire l’étiquetage et les informations de sécurité, reconnaître une situation à risque, éviter les mélanges ou usages inappropriés, utiliser les équipements de protection requis de façon adaptée, respecter les règles d’hygiène et savoir comment réagir en cas de projection, de déversement ou d’exposition accidentelle.En santé au travail, la meilleure prise en charge reste celle qui évite que l’exposition ne se produise. Former, c’est donc transformer l’information en réflexes de prévention.

Le programme a porté notamment sur l’identification des dangers, la manipulation responsable, les mesures de prévention et les comportements adaptés. Quels enseignements essentiels les participants devaient-ils retenir à l’issue de ces deux journées ?

Je retiendrais cinq réflexes fondamentaux. D’abord, identifier le produit et ses dangers avant toute utilisation. Ensuite, respecter strictement les consignes de stockage, de préparation, de dosage, de transport et d’utilisation. Troisièmement, porter les équipements de protection adaptés au risque réel et veiller à leur bon état. Quatrièmement, maintenir une hygiène rigoureuse : ne pas manger, boire ou fumer pendant la manipulation, se laver correctement après l’activité et éviter toute contamination des vêtements ou des espaces de vie, savoir alerter et appliquer immédiatement la conduite prévue en cas d’incident et enfin participer aux visites médicales de surveillance pour le contrôle régulier de leur santé afin de maintenir l’integrité de leur performance a leur poste de travail.Mais il y a un sixième enseignement, tout aussi important : ne jamais improviser. Lorsqu’un doute existe sur un produit, une procédure, un équipement ou une situation, le bon réflexe est de s’arrêter, de demander et de sécuriser avant de poursuivre.La sécurité se construit souvent dans ces quelques secondes où l’on choisit la prudence plutôt que l’habitude.

Au-delà de l’acquisition de connaissances, quels changements concrets cette formation devrait-elle permettre d’obtenir dans les pratiques quotidiennes des responsables et de leurs équipes sur le terrain ?

Le véritable indicateur de réussite ne sera pas le nombre de participants formés, mais ce qui changera effectivement sur le terrain. Nous attendons une responsabilité dans les opérations ceci passe par une meilleure préparation des tâches, une vérification plus systématique des produits et des équipements avant utilisation, davantage de rigueur dans le stockage et la manipulation, ainsi qu’une remontée plus rapide des anomalies et des situations dangereuses.Nous attendons aussi des responsables qu’ils renforcent les briefings de sécurité, observent les pratiques, corrigent immédiatement les écarts et entretiennent le dialogue avec les équipes. Un collaborateur doit pouvoir signaler un danger ou exprimer un doute sans attendre qu’un incident survienne.L’objectif est de passer d’une sécurité perçue comme une série de règles à respecter à une véritable culture opérationnelle d’un environnement de travail sûr et sain : je comprends le risque, je maîtrise mon geste, je protège mon collègue et je signale ce qui doit être corrigé.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue visant à maintenir un environnement de travail toujours plus sûr. Quel est, selon vous, l’enjeu majeur pour la Socapalm de faire de la prévention des risques chimiques une responsabilité collective et une pratique durable au sein des équipes ?

L’enjeu majeur est d’installer la prévention dans la durée. Une procédure peut être écrite, un équipement peut être disponible et une formation peut être organisée ; mais la sécurité n’est réellement efficace que lorsque chacun se sent responsable de son propre comportement et attentif à celui du collectif.Pour la Socapalm, faire de la prévention une responsabilité partagée signifie que la santé et la sécurité doivent accompagner chaque décision opérationnelle : avant l’activité, pendant son exécution et après, à travers le retour d’expérience et l’amélioration des pratiques. Cela suppose de former, rappeler, contrôler, écouter les remontées du terrain et corriger sans relâche les écarts.La prévention des risques chimiques est donc bien plus qu’un sujet technique. C’est un engagement humain et managérial. Derrière chaque consigne de sécurité, il y a une personne à protéger, une famille à préserver et une équipe qui doit pouvoir terminer sa journée de travail en bonne santé. C’est cette exigence qui doit guider durablement nos pratiques.

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