Par Madani Charaf
Riyad, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le Yémen devient le théâtre où se recomposent les alliances du Moyen-Orient. Selon Reuters, la Syrie envisage de fournir une assistance militaire à l’Arabie saoudite, son alliée, dans la guerre contre les Houthis soutenus par l’Iran. L’information, révélée mercredi 7 octobre, repose sur deux sources : un responsable américain et un officiel militaire syrien informés du dossier.
Deux options seraient sur la table : une aide défensive pour protéger le royaume des attaques de missiles et de drones, ou le déploiement de forces syriennes en appui des troupes yéménites soutenues par Riyad. Selon le responsable américain, l’Arabie saoudite aurait elle-même demandé à Damas d’envoyer des combattants — une affirmation démentie par Ahmad Zaidan, conseiller média du président syrien, dans un message publié sur X après la parution de l’article.
La diplomatie syrienne joue la prudence. Interrogé par Reuters, un diplomate de Damas a déclaré que la Syrie « se tenait aux côtés de l’Arabie saoudite face aux attaques des Houthis », tout en soulignant que le gouvernement restait concentré sur ses priorités nationales, à commencer par la reconstruction après la guerre civile. Toute coopération militaire, a-t-il ajouté, passerait « exclusivement par les voies officielles et dans le cadre des accords bilatéraux » liant les deux pays. Ni le gouvernement saoudien ni le ministre yéménite de l’Information n’ont répondu aux sollicitations de l’agence.
Le contexte donne du poids à ces discussions : le président syrien Ahmed al-Sharaa s’est rendu à Riyad mardi 6 octobre, où il s’est entretenu avec le prince héritier Mohammed Ben Salman. Selon le responsable américain, l’aide militaire figurait parmi les sujets abordés.
Cette ouverture syrienne s’inscrit dans une mobilisation régionale plus large. Lundi 5 octobre, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont activé leur accord de défense mutuelle de La Mecque face aux Houthis, et Riyad a lancé l’opération « Aube du Yémen » avec une centaine d’avions de combat en appui des forces gouvernementales yéménites. Les Houthis, qui ont pris le mois dernier des portions de la côte de la mer Rouge jusqu’au détroit de Bab el-Mandeb, menacent le trafic pétrolier du Golfe et frappent les villes saoudiennes.
Damas en belligérant au Yémen ? L’hypothèse, impensable il y a deux ans, dit tout du basculement des alliances depuis la chute de Bachar el-Assad. Mais à ce stade, elle reste une option à l’étude — pas une décision.
Sources : Reuters (Timour Azhari).
