Par Alain Éric Faure
Paris, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le gouvernement français n’a plus le choix : il doit répondre. Mardi 6 octobre, l’« acte III » du mouvement lycéen, appelé par l’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante, a mobilisé entre 256 000 personnes selon la police et 450 000 selon les organisateurs, dans tout le pays. À Paris, les cortèges ont rassemblé 56 000 manifestants selon la préfecture, 100 000 selon les organisateurs. Lycéens, étudiants, profs et parents ont réclamé des moyens pour l’éducation, un plan d’urgence pour le bâti scolaire, la suppression de Parcoursup et de meilleurs emplois du temps.
La journée s’est émaillée de violences et de débordements. Au total, 488 personnes ont été interpellées — dont 32 à Paris — et 43 membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Depuis le 28 septembre, Beauvau recense 6 547 interpellations dans le cadre du mouvement, et dix enquêtes ont été confiées à la « police des polices ». Selon le ministère de l’Éducation, 891 lycées sur 3 700 ont vu leurs cours « suspendus » mardi, et environ 40 % des établissements de l’enseignement supérieur public étaient perturbés.
Sans attendre la fin de la journée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis devant l’Assemblée nationale de « corriger » ce qu’on « pouvait corriger » sur Parcoursup. Il a aussi annoncé, de manière manifestement intempestive, un « temps de démocratie interne » dans les lycées en fin de semaine — une demi-journée banalisée d’ici vendredi, a précisé le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. Les chefs d’établissement, eux, s’étranglent : organiser un tel temps de débat « en ordre de fonctionnement » relève du quasi-impossible, juge le SNPDEN-Unsa. Une « consultation nationale lycéenne » en ligne doit se tenir du 5 au 23 octobre.
Emmanuel Macron a réuni mardi soir plusieurs ministres à l’Élysée pour faire le point. Pendant ce temps, Donald Trump jugeait sur Truth Social que « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle » étaient à l’origine du mouvement. Nouvelle journée de mobilisation jeudi. Les ministres Nuñez et Geffray seront auditionnés mercredi par les députés.
À six mois de la présidentielle, certains lycéens voteront pour la première fois. La rue, elle, ne vote pas encore : elle exige.
