Par Alain Éric Faure
Plus de 250 000 personnes ont manifesté dans plusieurs dizaines de villes selon les autorités, contre 450 000 selon les organisateurs. Des affrontements ont éclaté en marge de plusieurs cortèges, notamment à Paris, Strasbourg, Rennes et Toulouse, où les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau.
Reuters rapporte un bilan de 48 membres des forces de sécurité blessés mardi. Le Monde mentionne pour sa part 43 blessés, également sur la base de chiffres attribués au ministère de l’Intérieur. Ces décomptes divergent à ce stade.
À l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a annoncé au moins 215 élèves et 85 personnels éducatifs blessés depuis le début du mouvement, parmi lesquels 34 chefs d’établissement et adjoints. Le Premier ministre a qualifié ce bilan de plus lourd enregistré depuis des décennies dans l’Éducation nationale.
Il a défendu la réponse du gouvernement et refusé de mettre en cause globalement les forces de l’ordre. La contestation du maintien de l’ordre occupe désormais une place centrale dans les échanges politiques autour du mouvement.
Face aux revendications, le gouvernement annonce un travail sur le remplacement des enseignants absents, la durée des journées de cours et la réparation des bâtiments vieillissants. Les premières propositions ministérielles sont attendues d’ici fin octobre.
Sébastien Lecornu a également annoncé un aménagement des emplois du temps d’ici la fin de la semaine pour permettre un « temps de démocratie interne » dans les lycées. Cette mesure doit offrir aux élèves et aux équipes éducatives un espace de discussion au sein des établissements.
Parti de revendications sur les moyens scolaires, le mouvement rassemble désormais plusieurs composantes de la communauté éducative. La FCPE appelle à entendre les demandes de la jeunesse et a invité les parents à manifester aux côtés des lycéens le 6 octobre.
La journée intervient au lendemain de la grave blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens. Le lycéen a perdu une main lors d’une mobilisation près du lycée Auguste-Béhal. Une enquête doit établir les circonstances de cette blessure, qui nourrit les interrogations sur l’usage de la force face aux mineurs.
