Par Oumou Fatoumata Diallo
Dans un article publié dimanche, SeneNews revient sur les enveloppes attribuées aux anciens présidents de l’Assemblée nationale. Le média rapporte des estimations de 50 à 60 millions de Fcfa par mois sous Moustapha Niasse, puis de 50 millions sous Amadou Mame Diop. Ces chiffres reposent sur des déclarations et des estimations, sans ligne budgétaire publique permettant de les confirmer.
Leur nature appelle également une distinction : une dotation destinée aux dépenses de l’institution ne constitue pas, à elle seule, une rémunération personnelle de son président.
Ousmane Sonko a lui-même évoqué une somme de 65 millions de Fcfa que son prédécesseur, El Malick Ndiaye, aurait reversée au Trésor public. Dans les propos rapportés, il ne précise pas la périodicité de cette dotation. Ce montant ne permet donc pas d’établir une allocation mensuelle ou annuelle.
« Je mets au défi tout le monde de prouver un franc que j’ai consommé. Qu’on lance des audits sur tous les fonds », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, selon Senegal7. Il a également contesté les accusations lui attribuant plusieurs milliards de fonds politiques.
Un nouveau texte adopté après le revers constitutionnel
La bataille parlementaire a connu une nouvelle étape le 1er octobre. Selon l’Agence de presse sénégalaise, les députés ont adopté la proposition de loi organique n°38/2026 modifiant la loi organique relative aux lois de finances. Le scrutin a enregistré 127 voix favorables et cinq abstentions, sans vote contre.
Le texte vise à identifier expressément les crédits ou fonds spéciaux parmi les dotations budgétaires et à prévoir un encadrement législatif de leurs modalités générales de contrôle. Il entend également renforcer le contrôle parlementaire sur l’emploi des crédits inscrits dans les lois de finances.
Cette initiative intervient après la décision du Conseil constitutionnel du 25 août, qui avait déclaré irrecevable une précédente proposition relative au régime juridique des crédits spéciaux.
La juridiction avait estimé que les dispositions contestées sur l’exécution et le contrôle de ces crédits relevaient du pouvoir réglementaire dans le cadre juridique alors applicable. Cette décision portait sur la répartition des compétences entre le gouvernement et le Parlement, sans établir les montants effectivement attribués aux responsables des institutions.
Le nouveau vote relance ainsi l’encadrement des fonds spéciaux. Pour les dotations du perchoir, la publication des montants autorisés, des dépenses exécutées et des éventuelles restitutions reste nécessaire pour départager les estimations et les déclarations politiques.
