Par Hayley Miles
Selon une enquête de Cnn relayée par L’Express, Avant Healthcare Professionals, société spécialisée dans le recrutement d’infirmières étrangères et rachetée en 2018 par Jackson Healthcare, était accusée d’avoir soumis ses employés à des contrats particulièrement contraignants.
Plusieurs infirmières venues des Caraïbes affirmaient avoir perçu des rémunérations inférieures à celles de leurs collègues directement recrutés par les hôpitaux. Elles dénonçaient également des restrictions sur les congés et l’évolution professionnelle, ainsi que d’importantes pénalités financières lorsqu’elles souhaitaient quitter l’entreprise.
L’une d’elles, Lucinda Byron, aurait reçu une demande de paiement de 41 832 dollars après avoir annoncé son départ. Des responsables de l’entreprise auraient également menacé de contacter les services de l’immigration et laissé entendre qu’une démission pouvait compromettre le statut migratoire des salariées.
Les plaignantes disposaient pourtant de visas EB-3 leur donnant accès à la résidence permanente et ne les obligeant généralement pas à rester auprès de l’employeur ayant organisé leur arrivée. Leurs avocats soutenaient que les pratiques dénoncées violaient notamment la loi américaine protégeant les victimes de la traite humaine.
Avant Healthcare Professionals a toujours rejeté les accusations, invoquant les coûts élevés du recrutement international et des procédures migratoires. L’entreprise précise que l’accord de 3 millions de dollars ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité et qu’aucun tribunal n’a déclaré ses pratiques illégales.
L’affaire embarrasse cependant Rick Jackson en pleine campagne électorale. Le milliardaire, qui revendique son alignement sur Donald Trump, a fait de la lutte contre l’immigration un axe majeur de son programme. Son groupe dépend pourtant en partie du recrutement de professionnels de santé étrangers et défend publiquement le maintien de certaines voies d’immigration légale.
L’équipe du candidat affirme que ses critiques visent uniquement « l’immigration clandestine criminelle » et non les infirmières recrutées légalement. Rick Jackson n’a pas directement réagi aux interrogations sur la contradiction entre sa ligne politique et les intérêts économiques de son groupe.
