Par Arlette Akoumou Nga
Baptisée « Marche du peuple » cette manifestation a été organisée par plusieurs groupes de défense des droits civiques et de la justice sociale, dont l’équipe derrière les « Marches des femmes » du 21 janvier 2017 à travers le pays au lendemain de la première investiture de Donald Trump.
Samedi, des pancartes colorées et des petits bonnets roses aux oreilles de chat, les « pussy hats » en référence à ces manifestations il y a huit ans, parsèment le cortège dans le centre de la capitale fédérale américaine. Le nombre de participants est cependant bien inférieur à la marche de 2017 qui avait réuni plus d’un million de personnes. Brèves tensions entre manifestants et partisans de Donald Trump
Les manifestants se sont dirigés vers le Lincoln Memorial pour un rassemblement plus large. Ils ont brandi des pancartes avec des slogans tels que « Sauver l’Amérique » ou encore « La haine ne gagnera pas ».
Il y a eu de brefs moments de tension entre les manifestants et les partisans de Donald Trump. La marche s’est brièvement arrêtée lorsqu’un homme portant une casquette rouge Make America Great Again (Maga), slogan de campagne du président élu, s’est dirigé vers une ligne de manifestants en tête. La police est intervenue et l’a séparé du groupe pacifiquement tandis que les manifestants scandaient « Nous ne mordrons pas à l’hameçon ».
Alors que les manifestants s’approchaient du Washington Monument, un petit groupe d’hommes portant des casquettes MAGA marchant dans la direction opposée a semblé attirer l’attention d’un leader de la manifestation avec un mégaphone. Le chef des manifestants s’est rapproché du groupe et a commencé à scander « Pas de Trump, pas de KKK [Ku Kux Klan, Ndlr] ».
D’autres manifestations prévues dans le pays
Cette marche n’est qu’une des nombreuses manifestations, rassemblements et veillées axées sur l’avortement, les droits, les droits des immigrés et la guerre entre Israël et le Hamas, prévues avant l’investiture lundi. Dans tout le pays, plus de 350 marches similaires ont lieu dans tous les États.
À Cummings, dans l’État de Géorgie, une cinquantaine de personnes défilent dans le centre-ville. Sur la pancarte de Nadia, 25 ans, le slogan « Mon corps, mon choix » en référence aux interdictions d’avortement et elle craint de perdre d’autres droits : « De nombreux responsables politiques veulent limiter les conditions pour divorcer. Et puis il faut qu’on fasse en sorte de toujours avoir accès à la contraception. » Une crainte partagée par Ansley 21 ans : « Je veux pouvoir aller au supermarché sans être paniquée qu’une personne me suive ou qu’elle me pointe avec une arme à feu, car les lois pour les armes sont très faibles. À tel point que j’ai moins de droit sur mon propre corps qu’en ont les armes à feu. »

Les manifestants s’arrêtent devant une plaque commémorative d’un homme noir lynché il y a plus de cent ans. Le comté était un bastion de mouvements suprémacistes blancs. Seulement depuis les années 1990 des personnes noirs ont commencé à revenir, raconte James, 63 ans, lui-même afro-américain : « Je suis assez vieux pour me souvenir des personnes noires qui manifestaient pour les droits civiques tabassées et attaquées avec des canons à eau. Donc, je suis toujours inquiet d’un retour en arrière. Et quand nos dirigeants ne soutiennent pas ces mouvements, il faut être inquiet. » La manifestation terminée. Une organisatrice se réjouit qu’il n’y a pas eu de violences avec des républicains.
Après sa victoire le 5 novembre face à la vice-présidente démocrate Kamala Harris, Donald Trump prêtera serment au Capitole lundi 20 janvier et deviendra le 47e président des États-Unis. Celui qui est encore pour deux jours le président élu est attendu samedi soir à Washington pour une réception dans l’un de ses golfs et un feu d’artifice.
