Par Serge Aimé BIKOI
Calvin Job note, d’emblée, que l’expert en informatique et cyber criminalité a usé d’un logiciel gratuit sur Internet. Or, remarque l’avocat des ayant-droits de Martinez Zogo, “les logiciels gratuits n’ont pas les mêmes fonctionnalités qui sont faussement positives et ont des bugs. Ces logiciels gratuits ne permettent pas d’aller au-delà de la simple extraction des éléments. Ça ne permet pas d’analyser. Rien que pour ça, ce rapport est, en lui-même, déjà biaisé. Il n’arrive pas à nous expliquer quel outil précis il a utilisé, quelle est la fiabilité dudit outil”.
C. Job relève, en outre, que Jean Pierre Ouloumou refuse manifestement de répondre aux questions des confrères. Par conséquent, l’homme en robe noire clame que ce rapport d’expertise est “un non-événement”. De plus, selon l’une des constatations faites par J.P. Ouloumou, le 22 juin, “Jean Pierre Amougou Belinga et Bruno Bidjang n’ont aucun lien avec l’affaire Martinez Zogo”. Pourtant, explique C. Job, le déroulé des échanges entre Chantale Ayissi et Bruno Bidjang, relayés hier par J.P. Ouloumou, il y a, sans conteste, une corrélation entre l’affaire de l’assassinat de Martinez Zogo et le contenu des conversations entre les deux interlocuteurs. En effet, dans le circuit desdits échanges, l’on découvre qu’ils remontent au 31 janvier 2023, soit neuf jours après la découverte du corps sans vie du journaliste. De plus, ces conversations figurent dans l’annexe 4 du rapport d’expertise. Voici un extrait des échanges listés par Ouloumou à la demande de Me Félicité Esther Zeifman, avocate des ayants-droits de Martinez Zogo : “Bonjour la mère ! Stp je veux te parler. C’est important. La mère écrit Stp. J’ai très mal à la tête. Je suis épuisé, je suis exténué”, lance Bruno Bidjang à Chantale Ayissi. Et l’artiste-musicienne de lancer: “Beaucoup de courage! Assia!” Dans la suite des discussions, B. Bidjang indique ce qui suit : “L’affaire Martinez Zogo est la première preuve qu’il s’agit d’une cabale organisée. Ils ont préféré une enquête administrative au détriment d’une enquête judiciaire”. À la suite de cette assertion, C. Ayissi lui propose une initiative : “Je crois que vous avez besoin des gens comme Claudy Siar pour l’international”. B. Bidjang réagit à nouveau: “Le père est touché dans cette affaire. C’est très lourd sur nous. Ces gens sont méchants. Claudy Siar m’a demandé. Je suis avec le boss. Que Claudy Siar nous fasse d’abord un truc!”. Par la suite, C. Ayissi répond : “Calixthe Beyala n’arrête pas de mentir. Protège bien notre Zomloa! Et Bidjang colle une étiquette à J. Remy Ngono, en faisant usage d’un pseudonyme :”Ngono Mbong, un vrai imbécile”.
De plus, l’ancien directeur général du groupe de médias Vision 4, L’anecdote et Satellite Fm, invective aussi l’écrivain Beyala et lance: “Calixthe Beyala a le vrai démon”. Dans ce circuit d’échanges entre Bidjang et Ayissi, le journaliste trouve un bouc émissaire, à savoir l’un des journalistes de Reporter Sans Frontières. “Emmanuel Ikouli, l’homme à la manœuvre de Reporter Sans Frontières. Il faut coller un procès à Tv5”, détaille B. Bidjang.
Par la suite, l’on découvre, dans ce flot des échanges, que l’ancien patron du groupe des médias Vision 4, l’Anecdote et Satellite Fm a créé une task force pour contrôler l’ensemble des informations et des journalistes qui traitent l’affaire liée à l’assassinat de Martinez Zogo. C’est dans la logique de la création de cette task force que B. Bidjang avait asséné à Paul Daysy Biya: “Nous serons sans pitié…”. Ceci avait, d’ailleurs, été à l’origine de la convocation de P.D. Biya au tribunal militaire de Yaoundé comme l’un des témoins de l’accusation de cette affaire.

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