Par Sandra Embollo
Yaoundé – Une nouvelle controverse anime le paysage médiatique camerounais. Une vidéo largement relayée sur les médias sociaux et attribuée au journaliste Bruno Bidjang a suscité une vague d’indignation après des propos visant le journaliste Ernest Obama.
Selon plusieurs publications relayant la séquence, Bruno Bidjang aurait reproché à Ernest Obama d’avoir accordé la parole au politologue Mathias Eric Owona Nguini et aurait évoqué à son encontre une « fin à la Martinez Zogo », des propos interprétés par de nombreux internautes comme une menace grave. Les circonstances exactes de cette déclaration ainsi que l’intégralité de la séquence n’ont toutefois pas encore fait l’objet d’une clarification publique de la part de l’intéressé.
Cette affaire revêt une sensibilité particulière au regard de la portée symbolique de l’expression utilisée. Le journaliste Martinez Zogo, directeur de la radio Amplitude FM, avait été enlevé en janvier 2023 avant d’être retrouvé mort, son corps portant des traces de torture. Ce drame continue de marquer profondément l’opinion publique camerounaise, tandis que le procès se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé.
Bruno Bidjang lui-même a été cité et poursuivi dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo avant de bénéficier d’une remise en liberté. Par ailleurs, plusieurs audiences continuent de révéler de nouveaux éléments dans ce dossier judiciaire à forte résonance politique et médiatique.
Au moment de la rédaction de cette dépêche, ni Ernest Obama ni Bruno Bidjang n’avaient officiellement annoncé de démarches judiciaires ni publié de communiqué permettant de préciser la portée de ces déclarations.
L’assassinat de Martinez Zogo demeure l’une des affaires criminelles et médiatiques les plus marquantes de l’histoire récente du Cameroun. Le journaliste avait été enlevé le 17 janvier 2023 avant d’être retrouvé mort cinq jours plus tard. L’enquête a conduit à l’arrestation de plusieurs personnalités, parmi lesquelles l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et le journaliste Bruno Bidjang. Le procès se poursuit devant la justice militaire et continue de susciter un vif intérêt de l’opinion publique nationale et internationale.
