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Cameroun | La Chambre nationale des experts criminels contre-attaque après les accusations d’Effoudou Awussi

La Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (CNECC) est sortie de son silence après les déclarations fracassantes de l'ancien capitaine des Forces de défense, Effoudou Awussi Kenneth Romuald, dans l'émission Master Class intitulée « L'enfer du paradis de Paul Biya ».

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Par Ilyass Chirac

Dans un communiqué publié le 24 juillet 2026, l’organisation dénonce des accusations « d’une exceptionnelle gravité » contre de hautes personnalités de l’État et annonce l’ouverture d’investigations techniques, juridiques et criminologiques.

Pendant près de 27 minutes d’entretien, Effoudou Awussi a notamment mis en cause le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, le conseiller spécial du chef de l’État, le vice-amiral Joseph Fouda, ainsi que plusieurs officiers supérieurs de la gendarmerie nationale. L’ancien militaire a également présenté certaines structures sécuritaires comme des « centres de torture » et affirmé que le silence du président Paul Biya équivaudrait à un « permis de tuer ».

La CNECC estime que ces affirmations ont été rendues publiques « sans le moindre élément de preuve permettant d’en apprécier la crédibilité ». Elle rappelle également que l’ancien capitaine a été révoqué des Forces de défense par le décret n°2026/234 du 25 juin 2026 pour « inconduite habituelle résultant d’une longue durée d’absence injustifiée ».

Face à l’ampleur des accusations et à leur diffusion massive sur les réseaux sociaux, le président de la Chambre, Maître Bony Eugène, indique avoir constitué un collectif d’experts criminels placé sous la coordination de Maître Thierry Atangana. Ce groupe est chargé de vérifier les allégations formulées par l’ancien officier et de produire un rapport destiné aux autorités compétentes.

Le communiqué revient également sur le dossier dit « Pat Diamant ». Selon la Chambre, les premières vérifications montrent que cette procédure est née de plaintes déposées par l’ONG Observatoire du Développement Sociétal (ODS), dirigée à l’époque par feu Lilian Koulou Engoulou, assisté de Me Thierry Atangana. Les experts affirment en outre avoir relevé des informations qui contrediraient les déclarations d’Effoudou Awussi concernant son rôle dans cette affaire, tout en précisant qu’il reviendra aux autorités judiciaires d’en apprécier la portée.

La CNECC considère que cette intervention médiatique apparaît comme « une succession d’allégations graves visant à jeter le discrédit sur des institutions républicaines et sur des serviteurs de l’État », sans démonstration factuelle rendue publique. Elle affirme se réserver, avec les personnes concernées, le droit d’engager toute procédure judiciaire utile afin de protéger l’honneur des personnes mises en cause ainsi que le crédit des institutions.

L’organisation invite par ailleurs les médias, les utilisateurs des réseaux sociaux et les citoyens à faire preuve de responsabilité dans la diffusion d’informations sensibles, en privilégiant les faits établis plutôt que les allégations non vérifiées. Elle rappelle que les officiers des Forces de défense sont soumis à des obligations strictes de discipline, de loyauté, de réserve et de discrétion professionnelle.

Enfin, la Chambre nationale des experts criminels avance que la démarche d’Effoudou Awussi « semble plutôt cacher une tentative malheureuse visant à obtenir l’asile politique ou à préparer une procédure d’immigration ». Elle précise toutefois que les investigations se poursuivent et qu’un rapport circonstancié sera transmis aux autorités compétentes pour les suites qu’elles jugeront appropriées.

Background

Les déclarations d’Effoudou Awussi Kenneth Romuald, ancien capitaine des Forces de défense, ont suscité un vif débat au Cameroun après leur diffusion sur les réseaux sociaux. Dans son intervention, il a formulé de nombreuses accusations visant des responsables de la présidence, de la gendarmerie et des services de sécurité. À ce stade, ces allégations sont contestées par la Chambre nationale des experts criminels et n’ont pas fait l’objet de décisions judiciaires établissant leur véracité. La publication du rapport annoncé par le collectif d’experts pourrait constituer une nouvelle étape dans ce dossier à forte portée politique et judiciaire.

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