Par Mon’Esse
La Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (Cncec/Cnecc) a annoncé le dépôt d’une plainte devant les tribunaux compétents Kenneth Romuald Effoudou Awussi, un ex-officier de l’armée, qui vient de porter de graves accusations contre des dignitaires du régime de Yaoundé.
Dans un communiqué parvenu samedi à la rédaction, cette entité exprime sa «profonde consternation» face à des déclarations «d’une exceptionnelle gravité», soulignant que l’ancien capitaine, radié des rangs depuis le 13 mars 2024, n’a pas «produit publiquement le moindre élément de preuve».
Recherché depuis 2023 pour «désertion en temps de paix», M. Effoudou Awussi, qui occupait le poste chef du bureau d’enquêtes et de renseignement à l’état-major particulier du président Paul Biya a, selon des sources concordantes, trouvé refuge en Europe.
Il a, voici quelques jours, accordé une interview au journaliste Morgan Palmer, dans laquelle il accuse notamment le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, de tentative de coup d’État à travers un légionnaire de l’armée française, et de contrôler un système criminel.
Le même Ngoh Ngoh exercerait également une mainmise totale sur l’appareil sécuritaire et administratif du pays, alors que la gendarmerie se serait muée en «escadron de la mort», et est devenue un haut lieu de trafic de drogue.
Promettant de révéler le nom du commanditaire de l’assassinat de l’animateur de radio Martinez Zogo, tué en janvier 2023, Kenneth Romuald Effoudou Awussi indique avoir quitté le Cameroun à la suite de «menaces de mort» à son encontre.
Pour certains observateurs, la réaction de la Cncec/Cnecc, qu’on dit proche de certains dignitaires du pouvoir, apparaît suspecte, uniquement destinée à couvrir le vacarme produit actuellement par l’interview du capitaine révoqué de l’armée et qui en sait manifestement trop.
