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Cameroun| Guerre pour la succession de Paul Biya: Quand la grande muette entre en scène

Jusqu’ici alimentée par des acteurs politico-administratifs, la guerre des clans qui sévit pour la succession du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, prend une envergure nouvelle avec ce qui apparait comme un dévoilement des prises de position des corps armées, jusqu’ici cantonnés au service de l’élite proche du pouvoir.

by world top news
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Par Joseph OLINGA N.

Un nouveau pallier vient d’être franchi dans ce que de nombreux observateurs conviennent d’appeler la guerre des clans pour la succession au sommet de l’Etat.

Le 24 juillet dernier, le Capitaine Effoudou Romuald, ancien chef de bureau renseignements a l’Etat major particulier du président de la République a livré des confidences sur les raisons de son « Exil ».

Sans fioriture, l’ex-patron du bureau renseignements à la présidence de la République du Cameroun accuse l’actuel secrétaire général de la présidence d’avoir fomentée un coup d’Etat avec le concours d’un ancien légionnaire français. Un coup de force maitrisée, selon l’officier supérieur, grâce a l’exploitation des notes de renseignements prévisionnelles dont une synthèse « a été directement transmise au chef de l’Etat. »

A l’observation, les révélations de l’ex-chef de bureau renseignements de la présidence de la République du Cameroun met en lumière l’existence d’une galaxie « prédatrice » qui se meut autour même du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya. Un cartel qui, dixit les termes de l’officier supérieur, contrôle la gendarmerie nationale mais aussi une flopée d’officiers d’envergure issus de la très stratégique Direction générale du renseignement extérieur, la Dgre. Mais aussi de certains généraux de l’armée camerounaise ainsi que des ministres et hauts fonctionnaires en poste.

Guerre des clans

Quoique relativisée par certaines sources proches du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, la sortie de l’ex-chef de Bureau renseignements de la présidence de la République vient présenter, sous un prisme nouveau, la guerre ouverte par des clans rivaux au sein du cercle restreint du chef de l’Etat camerounais. Une lutte de succession qui oppose des clans rivaux et parfois hétéroclites au sein du palais présidentiel.

Dans le sérail et les milieux proches du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le Rdpc, des noms sont évoqués sans que les personnalités citées n’apportent quelque once de démenti.
A côté du très médiatisée secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, présenté comme un prétendant « sérieux » a la guerre pour la transition de pouvoir parallèle qui se joue au sein du palais a Etoudi, des sources dans le sérail ne manquent pas d’évoquer Samuel Mvondo Ayolo, Directeur du cabinet civil de la présidence de la République.

Diplomate chevronné et réputé proche du clan Bulu, ethnie dont est issue le chef de l’Etat camerounais. En opposition avec le clan Nanga dont est issu la première dame Chantal Vigouroux Biya. Des clans auxquels des sources introduites prêtent des velléités de contrôle de l’appareil administratif, politique et sécuritaire du pays. Des réseaux d’influence dans lesquels sont diversement citées le fils ainé du chef de l’Etat, Franck Emmanuel Biya et Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République. Deux acteurs jusqu’ici réputés taiseux auxquels l’on prête désormais des ambitions de pouvoir. Mais aussi une mainmise sur certains compartiments de l’administration et du dispositif sécuritaire.

Une grande muette pas si neutre

A défaut d’être railler par certains acteurs sociaux, les révélations de l’ex-chef du bureau renseignements de l’Etat major du président de la République mettent en lumière le rôle de nombreux commis de l’Etat et celui de nombreux hauts cadres de l’armée camerounaise dans les batailles qui alimentent le jeu anxiogène de l’inévitable transition qui se profile au sommet de l’Etat.

« Qu’ils se disent bien qu’après Biya, le Cameroun ne se fera pas avec des prédateurs. » Avertissement de l’ancien chef de Bureau renseignements de l’Etat major de la présidence camerounaise qui sonne comme un positionnement sans ambiguïté de nombreux officiers de l’armée camerounaise dans la guerre ouverte pour la succession de Paul Biya a la présidence de la République.

Mais aussi, une prise de position qui qui traduit visiblement une orientation majeure des corps armées dans la recomposition « parallèle » du pouvoir qui agite le pays depuis quelques années déjà.

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