Avec Moussa Njoya
Et le dernier en date est la sortie du Capitaine Effoudou, dans laquelle il indexe le Ministre d’État, SG/PR, Ferdinand Ngoh Ngoh, comme étant le « véritable » commanditaire de l’assassinat de Martinez Zogo.
Sans vouloir me prononcer sur la véracité de ses propos, ce qui m’a le plus marqué c’est la sortie de Me Félicité Zeiffman, avocate de la famille de Martinez Zogo, qui a littéralement volé a secours de Ferdinand Ngoh Ngoh en faisant savoir grosso modo que : « on ne condamne pas un homme sur des rumeurs recyclées, des hypothèses bancales et des versions qui se contredisent elles-mêmes. Accuser Monsieur Ngoh Ngoh (…) d’être le commanditaire de l’assassinat de Martinez Zogo sans preuve solide, c’est insulter le droit, la vérité et l’intelligence du public. »
Si dans le principe sa position est admissible, c’est l’intérêt d’une telle sortie qui est des plus incompréhensible, eu égard à sa qualité d’avocate de la partie civile.
En effet, il convient de rappeler que la « partie civile » est « toute personne qui se prétend lésée par un crime ou par un délit », et qui en vertu de cela se joint à l’action du Ministère public dans le but principal d’obtenir des dommages-intérêts pour réparer un dommage matériel, physique ou moral découlant de l’infraction (art. 157 et suivants du code pénal).
De ce fait, le rôle d’un avocat de la partie civile ne saurait être de disculper, par avance et sans aucune enquête préalable, telle ou telle autre personne. Bien au contraire, son rôle serait plutôt d’encourager à ce que toute personne évoquée de près ou de loin dans l’affaire concernée soit entendue voire inculpée, afin de maximiser les chances de réparation des dommages subis par ses clients.
Alors je me repose la question : quel est l’intérêt (qui est la mesure de toute action en droit) de Me Félicité Zeiffman, avocate de la partie civile, à se prononcer publiquement, urbi et orbi, en faveur de l’innocence de Ferdinand Ngoh Ngoh, qui n’est pas (encore) son client à ce que je sache ?
Ce comportement de Me Félicité Zeiffman, ainsi que de certains autres avocats des parties civiles (il y en a pluusieurs), n’est pas sans rappeler celui de certains lanceurs d’alerte, qui depuis le début de cette affaire mettent un point d’honneur à innocenter le Ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh, ainsi que des personnalités tel que l’ancien Directeur Général des impôts, Modeste Mopa, chaque fois qu’ils sont évoqués dans cette affaire. Alors que ces lanceurs d’alerte nous ont toujours fait savoir que leur seul et unique objectif reste et demeure la manifestation de la vérité dans cette affaire Martinez Zogo.
Leur comportement est d’autant plus paradoxal et questionnable que depuis la sortie du capitaine Effoudou, ces lanceurs d’alerte ne lésinent sur aucun moyen afin de jeter l’opprobre sur sa personnalité ainsi que le discrédit sur ses propos.
La question qu’on est alors en droit de se poser est celle de savoir : pourquoi des gens qui prétendent rechercher la vérité, toute la vérité et rien que la vérité dans une affaire, peuvent-ils déployer autant d’énergie et d’efforts pour écarter des pistes d’enquête, fussent-elles des plus improbables ?
Surtout qu’ils se présentent comme étant des activistes du « changement », que gagnent-ils alors à ce que telle ou telle autre personnalité du régime Biya ne soit pas indexée dans cette affaire ?
Bref, pour le moment je continue d’observer …
