Par Mon’Esse
L’encours de la dette publique du Cameroun s’établit à 15.607 milliards de francs à fin juin, représentant 44,2% du produit intérieur brut (PIB), selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) parvenue samedi à la rédaction.
Cette enveloppe demeure inférieure au plafond de soutenabilité fixé à 50% du Pib dans la Stratégie d’endettement à moyen terme (Semt) 2026-2028, ainsi qu’au critère de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) qui le fixe à 70% du Pib, traduisant le maintien d’une trajectoire d’endettement globalement compatible avec les objectifs de préservation de la soutenabilité des finances publiques.
L’analyse de la structure de la dette publique, explique la Caa, met en évidence la prépondérance de la dette contractée directement par l’administration centrale, qui concentre 93,9% de l’encours total, la dette des établissements et entreprises publics représentant 5,9% du total, tandis que la part des collectivités territoriales décentralisées (CTD) demeure marginale (0,2%).
À fin juin, l’encours de la dette directe de l’administration centrale du Cameroun s’établit à 14.659 milliards de francs, représentant 41,5% du PIB, enregistrant des variations respectives de -0,3%, 0,7% et 8,3% en glissements mensuel, trimestriel et annuel.
«La structure de cette dette demeure largement dominée par les financements extérieurs, qui concentrent 64,5% de l’encours total, contre 35,5% pour la dette intérieure, y compris les restes à payer de plus de trois mois.
Cette répartition reflète le rôle prépondérant des ressources extérieures dans la stratégie de financement de l’État, notamment pour le soutien aux investissements publics et aux besoins budgétaires.»
S’agissant de la dette bilatérale, la CAA explique que son encours atteint 2 402,9 milliards de francs pendant la période étudiée, traduisant une concentration importante des engagements auprès d’un nombre limité de partenaires étatiques.
Cette partie de la dette est en augmentation de 1,3% en glissement mensuel après de baisses successives de 0,2% en glissement trimestriel et 5,9% en glissement annuel.
Au plan bilatéral, la Chine demeure le principal créancier du Cameroun avec 65,2% de parts, soit 16,7% de la dette extérieure totale, suivie par la France qui représente 25,1% de la dette bilatérale, correspondant à 6,4% de la dette extérieure totale.
Quant à la dette commerciale, elle s’élève à 1 509,3 milliards de francs, restant largement constituée d’instruments mobilisés sur les marchés financiers internationaux, notamment les euroobligations et les opérations de placement privé.
Les eurobonds, émis dans ce sens en 2015 et 2021 représentent 29,8% de la dette commerciale, soit 4,8% de la dette extérieure totale.
Pour les opérations de placement privé réalisées via la London Stock Exchange en février 2026, elles constituent 29,7% de cette catégorie, correspondant à 4,7% de la dette extérieure totale.
L’eurobond émis en 2021, lui, représente 20,9% de la dette commerciale, soit 3,3% de la dette extérieure totale.
En glissement annuel, cette catégorie de la dette est en augmentation de 35%, due au placement privé de 474 milliards de francs effectué au premier trimestre 2026, en baisse de 0,5% et 2% en variation mensuelle est trimestrielle.
