Par Sandra Embollo
YAOUNDÉ – Après plusieurs semaines de suspension, le Tribunal militaire de Yaoundé a rouvert les débats dans l’affaire Martinez Zogo. Comme annoncé lors de la précédente audience, les juges ont poursuivi la cross-examination du colonel Jean-Pierre Otoulou, 34ᵉ témoin de l’accusation et ancien responsable des investigations menées au lendemain de l’enlèvement et de l’assassinat du journaliste.
Les échanges ont porté sur les méthodes d’enquête, les éléments matériels recueillis au cours des investigations ainsi que sur plusieurs déclarations déjà faites par le témoin concernant les déplacements de certains protagonistes, l’exploitation des vidéos de surveillance et les téléphones saisis dans le cadre de l’enquête. Ces affirmations continuent d’être vigoureusement contestées par les avocats de la défense, qui cherchent à mettre en évidence d’éventuelles incohérences dans le dossier.
La juridiction poursuit ainsi l’examen contradictoire d’un témoignage considéré comme déterminant pour établir la chronologie des faits et la chaîne des responsabilités dans l’assassinat de Martinez Zogo. L’audition annoncée d’Eloundou Mesmin figure également parmi les étapes attendues de cette phase du procès.
Ouvert devant le Tribunal militaire de Yaoundé, le procès porte sur l’enlèvement, la séquestration, la torture et l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, retrouvé mort en janvier 2023. Dix-sept accusés, parmi lesquels d’anciens responsables de la DGRE et des personnalités du monde des affaires, comparaissent devant la justice. Les audiences de juin et juillet 2026 ont notamment été marquées par la diffusion de vidéos des derniers instants de la victime et par des expertises numériques qui occupent une place centrale dans les débats.
