Par Christopher Dumfries
Pretoria, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Nouveau revers judiciaire pour Kémi Séba. À l’issue de l’audience tenue mardi 6 octobre devant la justice sud-africaine, les autorités n’ont pas reconnu le statut diplomatique revendiqué par l’activiste panafricaniste. De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, il reste donc détenu en Afrique du Sud, où il a été arrêté le 13 avril 2026.
C’est sur cet argument que sa défense avait fondé ses espoirs. L’activiste dispose depuis 2024 d’un passeport diplomatique nigérien et est présenté comme conseiller spécial du chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani. Un document qu’il aurait utilisé pour entrer en Afrique du Sud fin 2025. Ses avocats cherchaient à faire reconnaître ce statut par Pretoria et à en tirer une éventuelle immunité diplomatique. La justice sud-africaine ne l’a pas suivi.
Le dossier comporte deux volets distincts. Le premier, purement sud-africain, porte sur sa situation migratoire : les autorités lui reprochent des infractions liées à son séjour — son visa aurait expiré — et une tentative présumée de sortie irrégulière du territoire. Il aurait voulu rejoindre le Zimbabwe avant de poursuivre vers l’Europe. Son fils et un ressortissant sud-africain avaient également été interpellés lors de l’opération, menée avec l’appui d’Interpol.
Le second volet vient de Cotonou. Le Bénin réclame son extradition afin qu’il réponde devant sa justice d’accusations d’« incitation à la rébellion » et d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État ». À ce stade, ces accusations restent des allégations, qu’aucune juridiction n’a établies. La défense les présente comme politiquement motivées et affirme que la sécurité de Kémi Séba serait menacée en cas de transfert ; les autorités béninoises soutiennent au contraire qu’elles recherchent un citoyen accusé de crimes contre l’État.
L’examen de cette demande d’extradition, plusieurs fois reporté — une audience n’avait même pas pu se tenir le 11 août en raison d’une panne d’électricité dans l’établissement pénitentiaire — est désormais fixé au 20 novembre devant le tribunal de Pretoria. La demande de remise en liberté sous caution, elle, n’a toujours pas abouti.
Six mois après son arrestation, la bataille judiciaire de Kémi Séba est donc loin d’être terminée. Et la question qui demeure, au-delà du passeport nigérien : Pretoria livrera-t-elle au Bénin l’une des figures les plus clivantes du panafricanisme contemporain ?
