Par Julie Peh
La raffinerie Dangote, plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique, se prépare à réaliser une introduction en Bourse d’un montant estimé à 5 milliards de dollars, une opération qui pourrait redéfinir le paysage financier du continent. L’entreprise aurait déjà déposé un dossier auprès de la Commission nigériane des valeurs mobilières. L’approbation réglementaire est attendue dans les prochaines semaines, tandis qu’un prospectus pourrait être publié dès le mois de septembre. La finalisation de l’opération est envisagée pour octobre 2026, sous réserve du feu vert des autorités de régulation.
Si cette introduction en Bourse est menée à son terme, elle deviendra la plus importante IPO (Initial Public Offering) jamais enregistrée en Afrique. Les capitaux mobilisés devraient permettre de financer l’expansion de la raffinerie située à Lagos, dont la capacité de production atteint actuellement 650 000 barils de pétrole par jour. Plusieurs places boursières et investisseurs institutionnels, notamment du Kenya, d’Afrique du Sud, d’Égypte, du Ghana et du Rwanda, auraient déjà manifesté leur intérêt pour l’opération.
À ce stade, la raffinerie Dangote n’a toutefois publié aucune déclaration officielle sur ce projet et l’autorisation définitive des autorités nigérianes n’a pas encore été annoncée.
Inaugurée en 2023 après plusieurs années de construction, la raffinerie Dangote constitue l’un des projets industriels les plus ambitieux de l’histoire de l’Afrique. Portée par le milliardaire nigérian Aliko Dangote, elle représente un investissement de près de 20 milliards de dollars. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, cette infrastructure est conçue pour répondre à une grande partie des besoins en carburants du Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, qui dépendait pourtant massivement des importations de produits pétroliers raffinés en raison du mauvais état de ses raffineries publiques.
Au-delà du marché nigérian, la raffinerie ambitionne d’approvisionner plusieurs pays africains en essence, diesel, kérosène et autres produits raffinés, contribuant ainsi à réduire la dépendance énergétique du continent vis-à-vis des importations en provenance d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie. Une introduction en Bourse de cette ampleur constituerait un signal fort pour les marchés africains. Elle renforcerait la capacité de financement de l’entreprise tout en offrant aux investisseurs institutionnels et privés une participation dans l’un des plus grands actifs industriels du continent. Elle traduirait également la volonté du Nigeria de consolider sa place comme principal hub énergétique et financier en Afrique.
Si toutes les autorisations réglementaires sont obtenues, cette opération pourrait marquer un tournant majeur pour les marchés de capitaux africains et confirmer la montée en puissance de grands groupes industriels capables de mobiliser des financements à une échelle encore inédite sur le continent.
