Par Olivia Lemot
Cinq des plus influents dirigeants du football africain ont pris position en faveur du président de la Fifa, Gianni Infantino, malgré les vives critiques suscitées par son projet, désormais abandonné, de lever 4,2 milliards de dollars via une nouvelle structure chargée des droits commerciaux de la Coupe du monde. Selon Reuters, les vice-présidents et membres du Conseil de la Fifa Fouzi Lekjaa (Maroc), Hany Abo Rida (Égypte), Hamidou Djibrilla (Niger) et Ahmed Yahya (Mauritanie), ainsi que Veron Mosengo-Omba, récemment élu à la tête de la Fédération congolaise de football, ont publié des déclarations saluant le retrait du projet tout en réaffirmant leur confiance envers Gianni Infantino.
Ces prises de position interviennent à la veille d’une réunion du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), au cours de laquelle les dirigeants doivent examiner les conséquences de l’échec du projet Fifa Forward Enterprise. Si la Caf n’a pas encore adopté de position officielle sur l’avenir d’Infantino, le soutien affiché de plusieurs de ses responsables renforce les chances du président de conserver l’appui du bloc africain, fort de 54 fédérations membres, en vue de l’élection présidentielle de la Fifa prévue en mars 2027. À l’inverse, plusieurs confédérations, notamment l’Uefa, la Confédération asiatique (AFC) et la Concacaf, ont exprimé ces derniers jours leur perte de confiance dans la gouvernance d’Infantino après la polémique provoquée par son projet de financement privé.
En Afrique, le soutien au président de la Fifa reste largement lié aux importants financements accordés aux fédérations nationales. Depuis son arrivée à la tête de l’instance en 2016, Gianni Infantino a considérablement augmenté les subventions du programme Fifa Forward, qui garantissent aujourd’hui au moins 8 millions de dollars à chacune des 211 fédérations membres sur un cycle de quatre ans. Pour de nombreuses fédérations africaines, ces aides sont devenues essentielles au fonctionnement quotidien, au développement des infrastructures et à l’organisation des compétitions. « Notre problème est d’obtenir de l’argent. Sans sponsors, il est impossible de rivaliser », a expliqué Said Ali Athouman, président de la Fédération des Comores. Le président de la Fédération du Malawi, Fleetwood Haiya, a lui aussi souligné que son pays avait davantage besoin de financements et de stades que de débats politiques autour de la gouvernance de la Fifa.
La crise autour de Gianni Infantino s’est ouverte après la révélation de son projet de céder une participation dans les revenus futurs de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Face à la fronde de plusieurs fédérations, de responsables de la Fifa et de l’Uefa, le président a finalement retiré son projet le 31 juillet. Malgré ce revers, il conserve un solide réseau de soutien en Afrique, un continent qui avait largement contribué à son élection en 2016 grâce à sa promesse d’accroître les investissements en faveur des fédérations les moins riches.
