Par Joël Onana
Selon Jeune Afrique, un État européen a récemment adressé un courrier à la présidence camerounaise afin d’obtenir des informations sur l’état de santé de Paul Biya. La réponse transmise par les autorités camerounaises, jugée imprécise par les diplomates concernés, n’aurait pas dissipé les interrogations entourant le chef de l’État.
Toujours selon le magazine, plusieurs diplomates en poste à Yaoundé estiment que le président se trouve hospitalisé en Suisse, malgré les démentis officiels de la présidence. Si la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite à la durée d’une absence du chef de l’État, certaines chancelleries s’inquiètent du ralentissement de dossiers nécessitant un arbitrage présidentiel et des incertitudes sur l’origine réelle des instructions émanant de la présidence.
Les interrogations gagneraient également des partenaires régionaux. Jeune Afrique affirme notamment que la Guinée équatoriale et le Tchad suivent avec attention l’évolution de la situation, certains responsables s’interrogeant sur les interlocuteurs disposant effectivement de l’autorité nécessaire pour engager l’État camerounais sur des dossiers stratégiques.
Le média rapporte également que des acteurs des marchés financiers et des agences de notation cherchent à obtenir davantage d’informations sur la situation, estimant que l’incertitude politique pourrait peser sur la perception du risque du Cameroun par les investisseurs.
Parti le 7 juin pour ce que la présidence avait présenté comme un « court séjour privé en Europe », Paul Biya n’est plus apparu publiquement depuis plusieurs semaines. Son absence prolongée alimente de nombreuses spéculations sur les médias sociaux et dans les cercles diplomatiques, tandis que les autorités camerounaises continuent d’assurer que le chef de l’État exerce pleinement ses fonctions.
