Par Sandra Embollo
Dans un long communiqué rendu public, la Dr Olive Ngobo affirme avoir donné, mardi 11 août 2026, mandat au professeur Jean Calvin Aba’a Oyono, spécialiste de droit administratif et constitutionnel, pour défendre ses intérêts devant le Tribunal administratif du Centre dans un contentieux l’opposant à l’État du Cameroun, notamment au ministère de la Défense.
L’ancienne cadre du ministère de la Défense dit vouloir remettre sur la table une série de griefs remontant à la période comprise entre janvier 2017 et février 2020, date à laquelle elle affirme avoir quitté le Mindef pour une affectation à la présidence de la République. Elle évoque notamment des faits de harcèlement, abus de pouvoir, agression à main armée, tentative d’assassinat, trafic d’influence et diverses atteintes à son honneur. Ces accusations restent à établir devant les juridictions compétentes.
Olive Ngobo affirme également qu’une première plainte avait été enregistrée au Tribunal administratif sous le numéro 1220. Elle soutient que cette procédure aurait ensuite été entravée par des interventions dont elle souhaite désormais voir les responsabilités établies. « Après près de neuf années de silence », elle dit vouloir faire valoir ses droits et obtenir réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis.
Un second front judiciaire concerne directement le colonel à la retraite Dr Didier Badjeck. Olive Ngobo annonce avoir confié ce volet à Me Augustin Nguefack, avocat aux barreaux de Paris et du Cameroun. Elle accuse l’ancien porte-parole du ministère de la Défense de harcèlement sexuel, tentative de viol, diffamation publique, injures, dénonciations calomnieuses, intimidation, menaces, promesses de mort et chantage. Là encore, il s’agit d’accusations formulées par Olive Ngobo et dont la matérialité devra être appréciée par la justice.
Elle met également en cause des propos diffusés sur Info TV qu’elle considère comme « mensongers, diffamatoires, injurieux et attentatoires » à son honneur et annonce que ses conseils rechercheront les responsabilités des différents acteurs concernés.
Olive Ngobo rejette par ailleurs les informations faisant état d’une condamnation à son encontre pour un délit de droit commun par le Tribunal militaire de Yaoundé. Elle qualifie ces affirmations d’« affabulations » et affirme avoir, dès mai 2025, saisi les autorités d’une plainte disciplinaire visant certains magistrats militaires intervenant dans l’affaire dite Joseph Fouda/Mbapou et consorts.
Elle réclame enfin la restitution de trois iPhone placés, selon elle, sous scellés depuis 2024 et annonce qu’en l’absence de réponses satisfaisantes à ses démarches, elle pourrait saisir d’autres autorités compétentes ainsi que des organisations de défense des droits humains.
Cette nouvelle offensive judiciaire intervient quelques jours après une nouvelle confrontation publique entre Olive Ngobo et Didier Badjeck sur les médias sociaux. Elle avait notamment demandé que l’ancien officier réponde personnellement aux accusations portées contre lui. Avec la constitution de ses conseils, Olive Ngobo entend désormais déplacer cette bataille du terrain médiatique vers celui des tribunaux.
Le différend entre Olive Ngobo et Didier Badjeck s’inscrit dans un contentieux ancien lié notamment à son passage au ministère de la Défense et aux ramifications de l’affaire dite du « vrai/faux contre-amiral Joseph Fouda ». Depuis plusieurs années, accusations, démentis et prises de parole publiques se succèdent, notamment sur les médias sociaux. Le communiqué du 12 août marque une nouvelle étape : Olive Ngobo affirme vouloir faire examiner judiciairement les responsabilités qu’elle attribue à plusieurs protagonistes et institutions.
