Par Ross Hill
Donald Trump veut réduire l’ampleur des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud, rompant avec la logique de démonstration de force traditionnellement privilégiée par Washington face à Pyongyang.
Le président américain a annoncé avoir demandé au secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, de réduire « substantiellement » les manœuvres, jugeant celles-ci coûteuses et porteuses d’un signal « totalement inapproprié et hostile » envers la Corée du Nord. Il a également invoqué sa « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
La décision intervient alors que les exercices annuels Ulchi Freedom Shield, auxquels participent environ 18 000 militaires sud-coréens, ont débuté lundi. Séoul a réaffirmé son attachement à la coordination militaire avec Washington tout en espérant que le geste américain puisse favoriser une reprise du dialogue avec Pyongyang.
Le choix de Donald Trump suscite toutefois des interrogations sur la capacité de dissuasion de l’alliance américano-sud-coréenne. Sous Kim Jong-un, la Corée du Nord a poursuivi le développement de son arsenal nucléaire et balistique et intensifié sa coopération militaire avec la Russie. Pyongyang a également procédé récemment à de nouveaux tirs de missiles, tout en dénonçant les exercices américano-sud-coréens comme une répétition générale en vue d’une invasion.
Donald Trump avait déjà privilégié cette approche lors de son premier mandat. Après son sommet historique avec Kim Jong-un à Singapour en 2018, il avait suspendu plusieurs grandes manœuvres militaires conjointes avec Séoul afin de favoriser les négociations sur la dénucléarisation. Ces discussions avaient toutefois fini par s’enliser après l’échec du sommet de Hanoï en 2019.
Depuis, la situation sécuritaire s’est durcie. Kim Jong-un a abandonné la perspective d’une réunification pacifique avec la Corée du Sud et renforcé les capacités nucléaires et balistiques du pays. La nouvelle réduction des exercices apparaît ainsi comme une nouvelle tentative de Donald Trump de privilégier sa diplomatie personnelle avec le dirigeant nord-coréen, malgré les inquiétudes sur l’évolution militaire de Pyongyang.
