Par Marie Fouda
Le livre a été présenté et dédicacé ce mercredi 26 août au Hilton Hôtel de Yaoundé. Une cérémonie qui a réuni famille, hommes politiques, universitaires et passionnés d’histoire autour de la mémoire de cet ancien homme d’État.
Talba Malla Oumaté, une figure politique camerounaise dont la trajectoire traverse plusieurs étapes de la construction de l’État. Député, membre du gouvernement, ancien secrétaire d’État et ministre, l’homme est aujourd’hui raconté par le professeur Joël Narcisse Meyolo.
Dans la salle du Hilton Hôtel de Yaoundé, ce mercredi, une même idée revient : au-delà du personnage politique, il y a un héritage. Un héritage familial que sa descendance entend préserver. Ainsi que l’affirme Talba Malla Yousoufa, petit-fils de Talba Malla Oumaté:”Le travail, le courage et l’engagement dans tout ce que nous faisons au quotidien. Vous avez eu tous ceux qui ont géré à cette époque étaient animés de voir le Cameroun grandir, voir l’indépendance et servir la nation. Pour nous jeunes aujourd’hui, c’est important de s’inspirer de ceux-là. C’est pour cela que nous, en tant que petit-fils, il était important de parcourir son œuvre aussi bien à l’Assemblée nationale que par les postes qu’il a occupés”.
Des valeurs qui, pour l’honorable Cabral Libii, peuvent également trouver un écho dans la vie politique actuelle. Le député voit, en Talba Malla Oumaté, un modèle d’intégrité, voire un prototype de l’homme politique.”Vous avez suivi, pendant la phase de dédicace, les témoignages vivants des collaborateurs de celui dont nous célébrons la mémoire aujourd’hui. Il y a un mot qui est revenu de façon récurrente, c’est qu’il était un modèle d’intégrité, du sens de la patrie et du service public. C’est un sacerdoce, un devoir, un honneur. Ceux qui l’exercent ne doivent jamais perdre de vue qu’ils ont l’héritage de ceux qui les ont précédés et qu’ils doivent imprimer une marque pour la postérité”, indique le président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn).
Au-delà de la mémoire familiale et de l’hommage politique, cet ouvrage est aussi le fruit d’une démarche historique. À travers les pages, Joël Narcisse Meyolo cherche à restituer le parcours de Talba Malla Oumaté, mais aussi à faire comprendre ce que son engagement peut encore enseigner aux générations actuelles. Une démarche dont il explique lui-même les motivations. “J’anime un centre de recherche qui a pour ambition de participer à la construction d’une identité narrative. De notre point de vue, cette identité narrative passe par la mise en évidence du travail qui a été fait par certaines personnes, personnalités du Cameroun. Aujourd’hui, nous avons décidé de faire un travail sur quelqu’un qui a été, à la fois, député et ministre de la République à un moment où l’État du Cameroun se construisait”, explique l’Historien.
Dans son récit, J.N. Meyolo présente surtout Talba Malla Oumaté comme un nationaliste. Un homme qui, selon lui, ne faisait pas de la tribu un critère de sélection. L’essentiel, c’était le mérite et la capacité à servir la nation. “En 1962, il choisit comme chef de cabinet une ressortissante du peuple Bamoun. C’est la preuve que nous devons pousser la politique de l’intégration nationale. Et puis, les actes qu’il a posés, les bénéficiaires n’étaient pas seulement les ressortissants du Nord. On a parlé de la création du statut général de la Fonction publique, de l’authentification des diplômes, les listes A, B et C du concours d’entrée à l’Enam(École nationale d’administration et de magistrature), qui sont autant de choses qu’il a faites”, illustre Meyolo.
Ainsi, « Talba Malla Oumaté : Une histoire, une vie, au service de la Nation » ne se limite pas au récit d’une vie. Le livre retrace l’itinéraire d’un homme politique et d’un serviteur de l’État, tout en interrogeant la place de son héritage dans la mémoire collective camerounaise.
J.N. Meyolo est professeur titulaire des Universités, spécialiste de l’histoire des institutions et, particulièrement, de l’Assemblée nationale du Cameroun. Il est présenté comme un précurseur du « Meyolisme », qui promeut la construction d’une identité narrative camerounaise à partir de la mise en commun des différents héritages qui composent le pays. Depuis 2023, il anime le Centre de recherche en Histoire qu’il a créé, un projet qui occupe, désormais, une place dans le paysage scientifique camerounais.
