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🇸🇳Sénégal | Comment Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga ont contesté les thèses faisant de l’Égypte ancienne une « civilisation blanche »

Le Caire, la capitale égyptienne, a été le théâtre d'un affrontement intellectuel inédit, dont les conclusions résonnent encore aujourd'hui.

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Par Sandra Embollo

Du 28 janvier au 3 février 1974, les plus grands égyptologues du monde, spécialistes reconnus dans leur domaine, se sont réunis dans la capitale égyptienne à l’occasion d’un colloque international organisé sous l’égide de l’UNESCO.

La rencontre avait pour thème : « Le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique ».

À l’issue de cette rencontre, de nombreuses théories élaborées par des anthropologues occidentaux pendant plus d’un siècle ont été remises en question. Pour de nombreux égyptologues, historiens africains, intellectuels et dirigeants panafricanistes, le colloque du Caire constitue sans aucun doute un moment crucial. Certains le considèrent même comme un moment de gloire pour l’Afrique, tant il a contribué à remettre en cause les préjugés et les idées reçues sur les populations noires qui avaient longtemps influencé certaines études académiques.

À l’origine de cette rencontre se trouvait le projet de rédaction de l’Histoire générale de l’Afrique, porté par l’UNESCO.

Avant même que ce travail ne soit confié à des historiens de renom, les thèses les plus répandues à l’époque, notamment dans les milieux intellectuels occidentaux, soutenaient que l’Égypte ancienne relevait d’une civilisation blanche. Autrement dit, cette brillante civilisation, qui attire encore aujourd’hui des millions de touristes chaque année, n’aurait pas pu être l’œuvre de populations africaines noires.

De leur côté, les intellectuels communément qualifiés d’« orientaux » défendaient l’idée d’une Égypte ancienne d’origine sémitique.

À l’exception de Cheikh Anta Diop, rares étaient alors les grandes figures intellectuelles qui admettaient que l’Égypte ancienne appartenait à une civilisation noire.

Contacté par l’UNESCO pour rédiger le volume II de l’Histoire générale de l’Afrique, l’historien, scientifique et chercheur sénégalais posa trois conditions avant d’accepter cette mission.

Il demanda d’abord l’organisation d’un colloque réunissant des chercheurs de renommée mondiale afin de débattre de l’origine du peuplement de l’Égypte ancienne. Il souhaitait ensuite qu’un état des lieux du déchiffrement de l’écriture méroïtique soit réalisé. Enfin, il réclama la mise en place d’une couverture aérienne du continent africain.

Ces conditions ayant été acceptées, l’UNESCO organisa finalement, du 28 janvier au 3 février 1974 au Caire, en Égypte, un colloque international consacré au peuplement de l’Égypte ancienne et au déchiffrement de l’écriture méroïtique.

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