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🇨🇲Cameroun | Démission de Kamto et Mota de la tête du Mrc: Tomaïno Ndam Njoya met la balle au centre

La patronne de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) a saisi cette opportunité pour mettre les points sur les “i” dans un contexte où la démocratique est en péril à travers une déclaration signée le 9 septembre dernier.

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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

L’honorable Tomaïno Ndam Njoya, s’adresse au pouvoir, au Mrc et son leadership et aux Camerounais dans son ensemble.

“À ceux qui exercent aujourd’hui les responsabilités de l’État, je veux dire ceci: la grandeur du pouvoir ne se mesure pas au silence de ses adversaires, mais à sa capacité à accepter leur existence. La force d’un État démocratique n’est pas d’avoir une opposition affaiblie; c’est de pouvoir affronter une opposition forte sans avoir peur de la démocratie”.

affirme sans nuance, la patronne de l’Udc.

Elle poursuit en soulignant que le parti qu’elle dirige connaît, depuis plus de trente ans, le prix de l’engagement politique sur le terrain.

“ Nous connaissons moultes pressions… Parce que nous avons choisi d’être citoyen-patriotes- démocrates-républicains et la voie pacifique, nous allons rester plus que jamais debout pour la politique telle un art, une science, continuer à l’exercer, en encourageant nos compatriotes à s’en emparer”.

La dame politique continue en affirmant que depuis trop longtemps au Cameroun.

“ nous assistons à une dégradation préoccupante de la place accordée au politique. Des partis sont fragilisés: clochardisation, théorie de la carotte et du bâton, légitimité constamment contestée de leurs responsables, tandis que des militants subissent pressions, intimidations et découragement”.

Dans la foulée, elle assène que lorsque la compétition des idées cède progressivement la place aux batailles à armes inégales, aux controverses permanentes sur la légitimité des acteurs et aux obstacles qui épuisent les organisations, au point que des responsables politiques doivent consacrer davantage d’énergie à défendre leur droit d’exister qu’à défendre leur projet de société.

“nous ne sommes plus dans une compétition politique normale”. A la fin, ce n’est plus seulement l’adversaire que l’on affaiblit: c’est l’engagement politique lui-même que l’on finit par étouffer. Bien plus, “un
adversaire politique doit être combattu politiquement par les idées, par le bilan, par le programme et, finalement, par les urnes. Voilà la dignité de la politique”. Un parti politique n’est pas un ennemi de l’État. Un opposant n’est pas un ennemi de la République: bien au contraire, “contester un régime en place depuis des décennies qui manifeste à n’en plus finir, des signes alarmants de mal gouvernance institutionnelle, est un acte de bravoure qui signifie aimer le Cameroun”.

A Maurice Kamto et aux militants du Mrc

Aux militants du Mrc, comme à ceux de toutes les formations politiques, “je dis: ne laissez pas les difficultés de la politique camerounaise transformer votre engagement en résignation. Notre pays aura besoin de toutes ses forces politiques et de toutes ses générations pour construire la prochaine étape de son histoire.”

S’adressant à Maurice Kamto, comme à Mamadou Mota, elle témoigne son respect républicain pour les décisions qu’ils ont estimé devoir prendre.

“L’histoire appréciera les choix des uns et des autres”.

soutient-elle. Elle confie que l’état de la démocratie camerounaise la préoccupe.

“La question qui se pose désormais à nous tous est de savoir ce que nous voulons collectivement en faire”.

résume -t-elle. Elle rassure qu’à l’Udc, on veut une République dans laquelle personne n’a besoin de disparaître pour que l’autre puisse exister, où personne n’a besoin de se taire pour préserver les siens et où le pouvoir se conquiert par la confiance du peuple et se perd lorsque cette confiance n’est plus là.

Pour terminer, “le Cameroun mérite que nous fassions de la politique: la vraie, l’authentique. Pour qu’une vision affronte une autre, qu’un bilan soit confronté à un projet et qu’au terme du processus, le peuple camerounais exerce pleinement son droit de décider.”

Cette sortie de l’’honorable Tomaïno Ndam Njoya qui s’adresse avant tout à ses concitoyens, est en réalité un appel à la solidarité nationale pour la protection de la pratique saine de la démocratie.

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