Par Joël Onana
Yaoundé — La course à la succession de Maurice Kamto à la présidence nationale du MRC prend forme. Selon le procès-verbal de clôture du dépôt des candidatures transmis à Panorama Papers, trois listes ont été enregistrées dans les délais prévus pour les élections internes annoncées lors de la convention extraordinaire du 17 octobre 2026.
Le scrutin doit notamment permettre de pourvoir les fonctions de président national, de cinq vice-présidents nationaux, de secrétaire général et de trésorier national.
La date limite de réception des dossiers avait été fixée au 16 septembre à 18 heures. Le secrétariat général indique avoir officiellement constaté la clôture du dépôt à 18 h 30.
La démission de Kamto sur fond de bras de fer avec le Minat
Cette succession intervient après la démission surprise de Maurice Kamto de la présidence du Mrc, le 8 septembre 2026. Dans sa lettre adressée au directoire national, l’opposant explique avoir pris cette décision dans « l’intérêt supérieur » du parti, de ses militants et sympathisants. Il reste toutefois membre du MRC. Mamadou Mota a également quitté ses fonctions de premier vice-président le même jour.
Le départ de Maurice Kamto intervient surtout après plusieurs semaines de confrontation entre le Mrc et le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) autour de la légitimité des instances dirigeantes du parti.
Dans une correspondance datée du 19 août 2026, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait indiqué ne pas « prendre acte » des travaux de la convention extraordinaire du MRC organisée par visioconférence le 21 décembre 2025. Cette convention avait notamment permis le retour de Maurice Kamto à la présidence du parti.
Le Minat invoquait notamment les dispositions de la loi du 19 décembre 1990 sur les réunions et manifestations publiques et le défaut de déclaration préalable de la convention. L’administration considérait par conséquent que les instances issues de cette réunion n’étaient pas reconnues et se référait aux organes élus lors de la convention ordinaire des 9 et 10 décembre 2023.
Le Mrc a vivement contesté cette lecture. Dans sa réponse, le parti a soutenu que sa convention était une réunion interne organisée virtuellement et a demandé au Minat de s’en tenir à la loi régissant les partis politiques. Le Mrc a présenté la position du ministère comme une tentative de déstabilisation à l’approche des prochaines échéances électorales. Il s’agit de la position du parti, contestée par l’administration.
La question reste également disputée sur le terrain juridique. Des analyses soulignent notamment que l’application à une convention interne entièrement virtuelle des dispositions relatives aux réunions publiques soulève une question qui n’a pas encore été clairement tranchée par une jurisprudence publiée.
C’est donc dans ce contexte de démission de Maurice Kamto, de contestation interne et de bras de fer avec le Minat que le Mrc prépare désormais l’élection de sa nouvelle direction le 17 octobre. Les trois listes enregistrées ouvrent une nouvelle étape dans la réorganisation du parti.
