Par Serge Aimé BIKOI
Dans le journal “Le Grand titre”, dont Paul Daizy Biya est le patron, l’identité et l’image d’une personnalité publique sont postées à la grande une et il est considérée comme un “imposteur”. “Mvondo Rodrigue Trésor/ Un imposteur qui utilise le nom de Paul Biya”, titre plaqué en grande une. Dans le développement dudit titre concernant cette personnalité, il est mentionné : “Une proximité avec la famille présidentielle qu’il ne serait pourtant pas en mesure d’établir et que des sources familiales contestent fermement. Cette référence répétée au nom du chef de l’État embarrasse la famille présidentielle et alimente les soupçons d’une imposture destinée à impressionner des victimes potentielles. Des informations rapportées dans le dossier invitent les personnes approchées par Mvondo Rodrigue Trésor à la plus grande prudence. Croire à une prétendue proximité avec le sommet de l’État pourrait exposer d’autres personnes à des déconvenues”.
La suite de ce développement persiflant à l’endroit de cette figure publique fait état de ce que Mvondo Rodrigue Trésor est “accusé de faits “d’escroquerie”, “d’abus de confiance” dans l’affaire Bitjocka’s Trading company. Mvondo, qui a reçu plusieurs dizaines de milliards de Fcfa d’un investisseur de la diaspora pour faciliter la sortie d’engins du Port autonome de Douala. Les équipements demeurèrent bloqués. Plus troublant, il invoque le nom de Paul Biya, affirmant que seul le chef de l’État pourrait changer son avis. Faux! C’est un illustre inconnu de la famille présidentielle qui va bientôt être rattrapé pour son Imposture”.
C’est donc à cause de cette publication au vitriol couverte de propos stigmatisants et insultants à l’endroit de Rodrigue Trésor Mvondo que ce dernier a décidé, selon des sources concordantes, de porter plainte contre Paul Daizy Biya chez le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn). Depuis le mercredi, 23 septembre, le journaliste, Dp du quotidien “Le Grand titre” est gardé à vue dans les geôles du commissariat central no1 à Yaoundé. Dans l’optique d’atténuer son courroux, le plaignant exige, selon les mêmes sources, une lettre d’excuses du journaliste, qu’il devra faire paraître non seulement dans le journal où il a été brocardé et diffamé, mais aussi et surtout dans sa plateforme en ligne et sur les réseaux socionumériques. Aussi le plaignant demande-t-il à P..D. Biya d’ôter son image sur son web média. C’est lorsque le journaliste souscrira à ces exigences que l’enquêteur du commissariat central no1 formalisera une sorte d’entente à l’amiable avec R.T. Mvondo, le dessein étant de libérer P.D.Biya des geôles du commissariat central no1. Au cas où le journaliste y oppose une fin de non recevoir, il risquera d’être inculpé et écroué à la prison centrale de Yaoundé pour les motifs dont il est accusé. En revanche, s’il adhère à cette modalité de résolution de ce contentieux, il pourra recouvrer sa liberté ce vendredi, 25 septembre ou, au plus tard, lundi, le 28 septembre 2026.
Paul Daizy Biya évolue, depuis plusieurs années, dans le paysage médiatique camerounais. Il a, notamment, animé l’émission « Expliquez-vous » sur la chaîne Tara+, où il recevait des personnalités publiques, des journalistes et d’anciens sportifs. Son nom est surtout revenu au premier plan dans l’enquête et le procès concernant l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Régulièrement en contact avec le défunt, il avait été inscrit sur la liste des témoins du ministère public et des avocats de la victime.
Le 16 décembre 2025, Paul Daizy Biya avait été entendu, pendant plus de six heures de temps, devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Il avait expliqué entretenir avec l’ancien chef de chaîne d’Amplitude Fm des relations à la fois professionnelles et amicales, les deux hommes échangeant notamment sur des sujets destinés à leurs émissions. Son téléphone avait également occupé une place importante dans les investigations. Les enquêteurs y avaient retrouvé un message attribué à Bruno Bidjang, ancien patron du groupe de médias L’anecdote, Vison 4 et Satellite Fm, dans lequel celui-ci annonçait que ce sera « sans pitié » pour Martinez Zogo. Cet échange a ensuite été évoqué devant le Tribunal militaire par des responsables de l’enquête, tout autant que par certains témoins du ministère public, dont Jean Pierre Otoulou, alors commandant de la légion de gendarmerie du Centre au moment des faits.
Dans cette affaire liée à la diffamation et à la cybercriminalité, Paul Daizy Biya n’a pas encore livré publiquement sa version des faits. Sa garde à vue ne signifie pas qu’il est coupable. Nul n’est, dans le même temps, capable d’authentifier les déclarations du plaignant, encore moins de conclure à la véracité et à la fiabilité des ces propos. Seules les conclusions de l’enquête nous en diront davantage.
