Par Matheo Enrique
Washington, 30 septembre 2026 (Panorama Papers) – Les États-Unis ont annoncé lundi 28 septembre des restrictions de visas contre des responsables de Bolivie, de Colombie, d’Équateur et du Pérou. Washington les accuse de fragiliser les institutions démocratiques par des activités de corruption ou des liens avec le trafic de drogue. Leurs proches sont également concernés.
Le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, a expliqué que cette politique cible les ressortissants étrangers qui compromettent le fonctionnement de gouvernements démocratiquement élus. L’administration américaine présente ces mesures comme un instrument de lutte contre la corruption et le narcotrafic.
En Bolivie, 21 personnes voient leurs visas révoqués ou sont interdites d’entrée aux États-Unis lorsqu’elles ne disposent pas de ce document, selon Le Monde avec l’AFP. Plusieurs magistrats figurent parmi les personnes visées.
Le procureur général bolivien, Roger Mariaca, entré en fonction fin 2024, est notamment sanctionné. Le département d’État l’accuse d’entraver les efforts de Donald Trump contre le narcotrafic et de porter atteinte aux institutions démocratiques boliviennes.
Roger Mariaca a dénoncé une ingérence et une pression politique liées à ses enquêtes. Devant la presse, il a défendu son travail et rejeté sa remise en cause par des autorités étrangères.
Le magistrat constitutionnel Israel Ramiro Campero et le procureur Martin Irusta, ancien avocat de l’ex-président Evo Morales, figurent également parmi les responsables sanctionnés en Bolivie. Au Pérou, les restrictions touchent notamment le juge Juan Carlos Nuñez, qui exerce à Lima.
Cette décision intervient dans un contexte de renforcement de l’influence américaine en Amérique latine. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, s’est récemment rendu en Colombie, en Équateur et au Pérou pour soutenir les efforts de ces pays contre les trafics de drogue et d’êtres humains.
L’offensive s’appuie également sur le « Bouclier des Amériques », une coalition d’une quinzaine de pays alliés de Washington. Le 22 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a appelé ces partenaires à sanctionner 24 cartels désignés par les États-Unis comme organisations terroristes étrangères.
