Home PolitiqueAfrique🇨🇲 Cameroun | « La fin d’un rêve » : Inès Laure Kamto raconte sa désillusion au sein du Rdpc et accuse Jean de Dieu Momo

🇨🇲 Cameroun | « La fin d’un rêve » : Inès Laure Kamto raconte sa désillusion au sein du Rdpc et accuse Jean de Dieu Momo

Yaoundé, 4 octobre 2026 (Panorama Papers) – Dans « La fin d’un rêve », Inès Laure Kamto raconte sa désillusion politique et accuse Jean de Dieu Momo, dirigeant du Paddec rallié à Paul Biya, d’avoir contribué à briser ses ambitions municipales à Baham.

0 comments

Par Ilyass Chirac Poumie

Publié aux éditions Maïa et coécrit avec le journaliste Jean Marie Kenfack, l’ouvrage revient sur l’engagement d’Inès Laure Kamto dans la campagne présidentielle de Paul Biya en 2018, puis sur les épreuves politiques et judiciaires qui ont accompagné son ambition de diriger la commune de Baham.

Son récit met en lumière un contraste : la militante du Rdpc désigne comme l’un de ses principaux adversaires un responsable issu d’une autre formation politique, devenu membre du gouvernement après son soutien au candidat du parti au pouvoir.

Jean de Dieu Momo dirige les Patriotes démocrates pour le développement du Cameroun, le Paddec. Ancien opposant, il avait rejoint en 2018 le collectif de partis soutenant la candidature de Paul Biya. Le 4 janvier 2019, il avait été nommé ministre délégué auprès du ministre de la Justice. Son entrée au gouvernement n’avait donc pas effacé son appartenance à une formation distincte du Rdpc.

En 2025 encore, c’est à la tête d’une délégation du Paddec qu’il participait aux consultations de la majorité présidentielle. Il y défendait une nouvelle victoire de Paul Biya, revendiquant son passage de la contestation du pouvoir à son soutien.

Dans l’entretien accordé à JMTV+, Inès Laure Kamto oppose cette ascension ministérielle à son propre parcours. Elle affirme avoir mobilisé ses ressources personnelles pour la campagne de 2018, puis avoir privilégié une fonction élective à Baham. Elle présente la mairie comme le moyen de poursuivre son action sociale et d’ouvrir les emplois communaux aux habitants, indépendamment de leur appartenance politique.

« La politique, ce n’est pas la bagarre. C’est une confrontation d’idées », déclare-t-elle. Elle assure que son ouverture aux autres partis, son refus du favoritisme et sa volonté de recruter au mérite ont nourri les résistances contre elle.

La prison constitue le tournant de son récit. Arrêtée en décembre 2019 dans une affaire l’opposant à Blaise Pascal Talla, qui l’accusait du vol de 45 millions de Fcfa, elle avait été condamnée à trois ans de prison, selon les comptes rendus de presse de l’époque. Elle contestait les faits et présente aujourd’hui cette procédure comme une opération destinée à l’écarter de la mairie.

Une seconde affaire l’avait opposée à Jean de Dieu Momo autour de 1,5 million de Fcfa. En avril 2020, Actu Cameroun, citant Mutations, rapportait son transfert de l’hôpital régional de Bafoussam à la prison centrale après une plainte du ministre. Elle soutenait que cette somme lui avait été remise pour des démarches administratives en France.

Dans son témoignage, elle accuse le ministre d’avoir orchestré des pressions contre elle et dénonce des violences en détention. Elle affirme également avoir obtenu une décision favorable de la justice française. Les documents judiciaires et médicaux permettant d’établir précisément ces dernières affirmations n’ont pas été retrouvés lors des recherches pour cette dépêche.

Jean de Dieu Momo avait déjà rejeté ses accusations en mars 2020, estimant qu’elle cherchait à transformer son incarcération en affaire politique. Elle lui propose désormais une confrontation publique : « Si vous êtes un homme, venez vous asseoir là, on va s’expliquer. »

« La fin d’un rêve » dépasse ainsi le récit d’une rivalité interne au Rdpc. Il expose, à travers le témoignage d’Inès Laure Kamto, une confrontation entre deux soutiens de Paul Biya aux trajectoires différentes : une militante revendiquant son implantation locale et un ancien opposant entré au gouvernement. Elle dit aujourd’hui vouloir se consacrer à l’action sociale, laissant derrière elle une ambition politique devenue désillusion.

You may also like

Leave a Comment