Par Sandra Embollo
Dans un courrier portant la mention « Très urgent », transmis à Panorama Papers, le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, demande aux directeurs généraux des entreprises de télédistribution audiovisuelle exerçant au Cameroun de rétablir Vision 4 dans leurs bouquets respectifs.
Le régulateur explique que cette mesure s’inscrit « dans l’esprit d’un traitement apaisé du dossier » concernant les dernières décisions prises à l’encontre de la chaîne. Le ministère de la Communication figure en copie de cette correspondance.
Ce courrier marque un changement de position dans un dossier devenu un bras de fer institutionnel. Dans une précédente lettre également datée du 6 octobre, le président du CNC avait demandé à Canal+ International de retirer « sans délai » le signal de Vision 4, après avoir constaté sa réactivation.
Il rappelait alors que le Conseil ne relève pas de la tutelle du ministère de la Communication et menaçait d’engager les mesures réglementaires relevant de ses compétences si le distributeur maintenait la chaîne dans son bouquet.
La nouvelle demande de réactivation rejoint, sur le retour à l’antenne, celle formulée le 2 octobre par René Emmanuel Sadi. Le ministre de la Communication avait invoqué la protection des emplois, les conséquences économiques de la suspension et la préservation de l’équilibre de l’espace médiatique.
Le courrier du CNC ne précise toutefois ni les démarches ayant conduit à ce changement de position ni le sort des sanctions individuelles infligées aux responsables du groupe. Il demande le rétablissement du signal, sans annoncer expressément l’annulation de l’ensemble des mesures précédentes.
Le 29 septembre, lors de sa 48ᵉ session extraordinaire, le CNC avait suspendu Vision 4 de toute diffusion pendant un mois. Il avait également porté à six mois la suspension du journaliste Thaddée Martial Owona et suspendu pour un mois Boni Meyene Philippe, directeur général des médias du groupe L’Anecdote.
Le contentieux trouve notamment son origine dans un reportage diffusé le 2 juin au sujet de l’avocate Félicité Esther Zeifman, puis dans les accusations de défiance envers le régulateur. Le sursis à exécution accordé le 1er octobre par le Tribunal administratif du Centre concernait les sanctions d’août et ne constituait pas une annulation générale des décisions du CNC.
Avec cette nouvelle correspondance, le régulateur donne désormais lui-même aux distributeurs une instruction favorable au retour de Vision 4. L’effectivité de la réactivation dans chaque bouquet reste à constater.
