Home EconomieAfrique🌍 Afrique | La Banque mondiale relève sa prévision de croissance à 4,3 % pour 2026, malgré les chocs

🌍 Afrique | La Banque mondiale relève sa prévision de croissance à 4,3 % pour 2026, malgré les chocs

À la veille des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Bangkok, l'institution publie ce 6 octobre son état des lieux semestriel de l'économie africaine. Épidémie d'Ebola, guerre au Soudan, réduction de l'aide, crise des carburants liée au conflit au Moyen-Orient : les chocs n'ont pas eu raison de la dynamique — la croissance régionale, revue à la hausse, devrait atteindre 4,3 % en 2026.

0 comments

Par Ilyass Chirac Poumie

Washington, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – L’Afrique subsaharienne résiste mieux que prévu. Dans son rapport semestriel « Africa’s Pulse », publié mardi 6 octobre, la Banque mondiale relève sa prévision de croissance régionale de 4,1 % en 2025 à 4,3 % en 2026 — soit 0,3 point de pourcentage au-dessus des prévisions établies en avril. « Les prévisions de croissance ont été revues à la hausse pour près des trois quarts des pays d’Afrique subsaharienne, y compris de grandes économies telles que l’Angola, l’Éthiopie, le Nigeria et la Zambie », se félicite l’institution.

Cette dynamique est portée par une stabilité macroéconomique renforcée, une demande intérieure plus soutenue, ainsi que par les investissements liés à la transition énergétique mondiale et aux technologies numériques. Les pays producteurs de pétrole profitent des prix élevés : l’Angola a vu sa croissance grimper de 8,74 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025 — avec un secteur non pétrolier en hausse de 9,24 % — et le Nigeria de 4,43 %. Les réformes structurelles améliorant le climat des affaires soutiennent une croissance tirée par le secteur privé.

Mais la Banque mondiale tempère l’optimisme. Le conflit au Moyen-Orient, l’incertitude sur les politiques commerciales, le durcissement des conditions financières, les catastrophes naturelles, les épidémies et l’insécurité continuent de peser sur l’activité dans plusieurs pays. Le poids de la guerre au Moyen-Orient se fait durement sentir sur les prix alimentaires et ceux du carburant. Le taux d’inflation médian devrait passer de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026, la hausse des prix mondiaux des carburants, des engrais et des denrées alimentaires venant annuler une partie des progrès récents. Le phénomène El Niño pourrait en outre « perturber la production agricole » et aggraver l’insécurité alimentaire, prévient l’institution.

L’endettement public s’est globalement stabilisé aux alentours de 57 % du PIB, mais le poids élevé du service de la dette continue de restreindre les dépenses de santé, d’éducation et d’infrastructures. Dans un contexte de recul de l’aide au développement, les pays font face à une pression croissante pour renforcer la mobilisation des ressources intérieures et approfondir les marchés de capitaux locaux.

Surtout, la croissance reste insuffisante pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté ou créer les emplois indispensables face à une main-d’œuvre en plein essor. À titre de comparaison, l’Asie du Sud-Est devrait enregistrer 6,8 % de croissance par an en 2026 et 2027.

À Bangkok, les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales entendront le message : l’Afrique tient le cap, mais le cap ne suffit pas.

Sources : Banque mondiale.

You may also like

Leave a Comment