Par Reagan Lebisano
Goma, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le tapis rouge a été déroulé à Goma. Lundi 5 octobre, une délégation du Panel des facilitateurs de l’Union africaine a été reçue à la Grande Barrière, dite la Corniche, par le maire de la ville, Désiré Ngabo, avant un échange de haut niveau avec la direction politique de l’AFC/M23, dans le cadre des efforts diplomatiques visant une issue politique au conflit qui ravage l’est de la République démocratique du Congo.
La délégation était conduite par l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta — désigné chargé du dialogue avec les groupes armés non étatiques — accompagné de l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi et de l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, chargée des questions humanitaires. Deux absences notables : l’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza, pour des raisons de santé, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, retenu par une mission urgente liée aux tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée. La délégation était aussi accompagnée de Yackoley Kokou Johnson, représentant du médiateur de l’UA, le président togolais Faure Gnassingbé.
Arrivés à bord de véhicules des Nations unies, les anciens chefs d’État ont eu un échange à huis clos de plusieurs heures avec le coordonnateur politique de l’AFC, Corneille Nangaa, et ses adjoints Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki. Au menu : le respect du cessez-le-feu, l’ouverture de l’aéroport international de Goma pour l’aide humanitaire, le désarmement de l’AFC/M23/ARC, la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises. Sur X, le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, a déclaré que l’AFC/M23 avait accueilli la mission « dans le cadre des efforts engagés en faveur d’une résolution politique, durable et africaine » du conflit.
Pour Kinshasa, la visite relève des efforts de médiation de l’organisation panafricaine, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, sur TV5MONDE. Mais le président Félix Tshisekedi a clairement exclu l’AFC/M23 du dialogue national pour la paix et la cohésion nationale qu’il a annoncé : ceux qui prennent les armes contre l’ordre constitutionnel ne peuvent prétendre participer aux discussions au nom de la Nation. Les questions liées au mouvement armé doivent être traitées dans le cadre du processus de Doha, notamment sur les aspects militaires.
La mission se poursuit : Kigali mardi, cap sur Kinshasa. L’UA prépare une conférence trilatérale RDC–Rwanda–UA prévue en octobre, pour réviser les engagements sécuritaires convenus à Genève les 12 et 13 août dans le cadre de l’accord de Washington. Mais sur le terrain, les combats persistent dans les hauts plateaux du Sud-Kivu et à Masisi, rapporte Reuters.
Entre visites diplomatiques et réalité du terrain, la médiation africaine joue sa crédibilité. Et pendant ce temps, les populations de l’est attendent toujours la paix promise.
Sources : Reuters, Kivu Morning Post, Reporter.cd, Beto.cd, AkondaNews.
