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🇩🇿 Algérie | Nécrologie : Boualem Boualem, l’oreille secrète de Tebboune, s’éteint à Genève

Le directeur de cabinet de la présidence algérienne est mort lundi 5 octobre dans un hôpital de Genève, des suites d'une longue maladie. Sa dépouille, accueillie mardi soir à Alger par Abdelmadjid Tebboune lui-même, met fin aux rumeurs. Avec lui disparaît l'un des hommes les plus influents — et les plus secrets — du pouvoir algérien.

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Par Idrissa Diallo Bah

Alger, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – La présidence de la République a annoncé, lundi 5 octobre 2026, le décès de Boualem Boualem, directeur de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune, dans un hôpital de Genève, en Suisse, où il recevait des soins pour une longue maladie. Mardi soir, sa dépouille est arrivée à l’aéroport international d’Alger, où le chef de l’État s’est rendu au pavillon d’honneur pour l’accueillir, se recueillir devant le défunt et présenter ses condoléances à sa famille, en présence de plusieurs hauts responsables de l’État.

Né le 16 octobre 1952 à Aïn Sefra, Boualem Boualem allait avoir 74 ans. Magistrat de formation — juge, procureur de la République, procureur général, président de Cour à Mascara, conseiller à la Cour suprême —, il avait aussi été sénateur du RND pour la wilaya de Tiaret de 2007 à 2012. Le 8 octobre 2015, Abdelaziz Bouteflika l’avait nommé à la tête de l’ONPLITIC, l’organisme officiellement chargé de la surveillance des communications téléphoniques et électroniques.

Contrairement à la plupart des caciques de l’ère Bouteflika, Boualem avait amplifié son influence après l’arrivée de Tebboune. En janvier 2020, il devenait conseiller juridique au cabinet du président, avant de voir ses prérogatives s’étendre aux relations avec les institutions, aux enquêtes et aux habilitations — au point d’être qualifié d’« oreille secrète du président ». En novembre 2023, après la nomination de Nadir Larbaoui comme Premier ministre, il prenait la direction du cabinet présidentiel, confirmée en janvier 2024.

Pour ses proches, c’était un homme de dossiers, réservé et exigeant. Pour ses détracteurs, l’un des artisans d’un système accusé par Amnesty International et Human Rights Watch d’utiliser l’arsenal judiciaire et sécuritaire pour réduire au silence les voix dissidentes — des accusations que la présidence n’a jamais reconnues et qu’il faut manier avec prudence.

Boualem Boualem emporte avec lui une partie considérable de ce qu’il savait du fonctionnement interne du pouvoir algérien. Reste à savoir qui, à El Mouradia, héritera de son bureau — et de ses secrets.

_Sources : Présidence algérienne

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