Home SociétéAfrique🇨🇲 Cameroun | École : Les enseignants prennent les coups de la violence sécuritaire

🇨🇲 Cameroun | École : Les enseignants prennent les coups de la violence sécuritaire

Enlèvements contre rançon, assassinats, exode : dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l'Extrême-Nord, les enseignants disent vivre dans une insécurité permanente, au point de quitter le métier ou le pays. Un reportage de DW Africa, publié ce 7 octobre à l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, dresse le tableau d'une profession en danger.

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Par Hippolyte Ikome

Bamenda, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Ils devaient être célébrés, ils se disent traqués. En cette Journée mondiale des enseignants, le syndicat SNAES a refusé toute célébration : pas de fête cette année, mais un réquisitoire contre l’État. Le constat, dressé notamment par DW Africa ce 7 octobre, est accablant : dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, l’enseignant est devenu une cible.

L’illustration la plus récente remonte au 8 septembre, jour de rentrée. Vers 11 heures, un groupe d’hommes armés s’est infiltré dans le campus de l’École normale d’instituteurs de l’enseignement général (ENIEG) de Wum, dans le département du Menchum (Nord-Ouest), alors que le préfet effectuait sa tournée de rentrée scolaire 2026-2027. Le commissaire divisionnaire Mbah Tobie Damase, descendu de son véhicule, a été abattu sur le coup. Cinq enseignants — dont la directrice, Mme Kwa Hope — ont été enlevés avant d’être libérés 48 heures plus tard. L’attaque a été attribuée par le gouverneur Adolphe Lele Lafrique à un « groupe terroriste », sans qu’aucune revendication n’ait été établie de façon indépendante. Une ONG locale évoque une libération contre rançon de 3 500 dollars par personne — une information non confirmée officiellement.

La veille même, une enseignante avait été tuée à Bamenda, dans un contexte d’appels au boycott lancés par des groupes séparatistes armés. Le 14 septembre, trois civils mouraient dans l’attaque d’un débit de boisson à Bamenda III. La rentrée 2026-2027 s’est ainsi ouverte sous le signe de la terreur.

Au-delà des zones de crise, la profession souffre partout. En juin 2026, le Minesec cherchait encore plus de 14 000 enseignants, et le SNAES dénonce un exode massif vers l’étranger. Salaires en retard, agressions en classe — à Sangmélima, huit élèves exclus après l’agression d’un professeur ; dans l’Extrême-Nord, une enseignante frappée à la tête par son proviseur, selon la presse —, le tableau est celui d’un métier dévalorisé.

Soixante ans après la Recommandation de 1966 sur la condition du personnel enseignant, honorer les enseignants, c’est d’abord les payer, les protéger et les écouter. Au Cameroun, les trois chantiers restent ouverts.

Sources : DW Africa, communiqués du gouverneur du Nord-Ouest.

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