Par Cynthia Konan Tawa
Accra, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le Ghana regarde vers les BRICS. Le cabinet du président John Dramani Mahama a décidé que le pays déposerait une candidature formelle d’adhésion au bloc des économies émergentes, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa lors d’un point de presse conjoint avec le ministre indien des Affaires extérieures, le Dr Subrahmanyam Jaishankar, en visite officielle à Accra les 6 et 7 octobre.
« Le cabinet du président John Dramani Mahama a décidé que le Ghana devait déposer une candidature formelle pour rejoindre les Brics », a déclaré Samuel Okudzeto Ablakwa, précisant qu’il révélait la décision au public pour la première fois. Selon lui, la démarche s’inscrit dans la vision du président pour une croissance économique « transformative », dans le cadre de ce que le gouvernement appelle la « Nouvelle Économie » : « Nous devons diversifier notre coopération internationale », a-t-il expliqué, invoquant aussi la souveraineté sur les ressources et la volonté de ne pas rester enfermé dans les conditionnalités de quelques institutions internationales.
Le choix du moment n’est pas anodin. Accra a déjà sollicité le soutien de New Delhi, membre fondateur du bloc, pour accompagner sa candidature. Le Dr Subrahmanyam Jaishankar s’est dit favorable aux aspirations ghanéennes, tout en précisant que la décision ne relevait pas de New Delhi seule : l’adhésion devra être examinée par l’ensemble des membres actuels — Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis et Indonésie. Aucun calendrier n’a été donné.
Samuel Okudzeto Ablakwa a tenu à préciser que cette candidature ne signifiait pas un abandon des partenaires traditionnels du Ghana, mais un élargissement de ses alliances : « Rejoindre l’Inde au sein des BRICS nous donnera des options économiques, diversifiera notre base et nos partenariats, et nous permettra de renforcer la coopération dans le cadre du Sud global. »
Au-delà du dossier Brics, la visite du Dr Subrahmanyam Jaishankar — qui se poursuivra en Côte d’Ivoire et en Éthiopie — a donné lieu à la signature de deux protocoles d’accord sur l’agriculture et la science et la technologie, ainsi qu’à des engagements sur le rail, la production pharmaceutique, l’innovation numérique, la sécurité et la recherche scientifique.
Reste la question centrale : les BRICS, en pleine expansion depuis 2024, ouvriront-ils leur porte à Accra ? La réponse se jouera entre les capitales membres — et dira beaucoup de la place que le Ghana de John Dramani Mahama entend occuper dans le nouvel ordre économique mondial.
