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Cameroun | Affaire Martinez Zogo: Les avocats des parties civiles sollicitent un complément d’expertise

Le rapport d'expertise de Georges Bell Bitjocka exposé le 1er juin a été passé au peigne fin ce mardi au tribunal militaire de Yaoundé. Ce sont les avocats de l'épouse et des ayant-droits de Martinez Zogo qui ont donné le ton, en questionnant le contenu et en identifiant certaines imperfections.

by Panorama papers
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Par Serge Aimé BIKOI

Au cours de l’audience au tribunal militaire de Yaoundé, Me Félicité Zeifman, Calvin Job, Ashu , Joseph Kenmoe, etc ont, tous ou presque, sollicité un complément d’expertise par rapport au travail fourni par Georges Bell Bitjocka, expert en cyber sécurité. Pour Me Calvin Job, cette expertise aurait pu être poussée et mieux approfondie. “On a un rapport qui est d’une certaine clarté. Une précision qui explique bien les mécanismes, les procédés, mais un rapport qui pèche quand-même en ce qu’il aurait pu avoir des actes qui auraient dû être posés. C’est une expertise qui aurait dû être poussée. Il y a des demandes qui auraient pu être effectuées concernant certains mis en cause”, indique C. Job.

Cette critique des avocats des parties civiles émane du fait que l’expert n’a exploité que 18% des données téléphoniques du patron du groupe L’Anecdote, Jean Pierre Amougou Belinga, et 30% de celles de l’ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre). “On ne peut pas nous dire qu’un individu a onze téléphones et qu’on n’a pu avoir accès qu’à deux et que le travail d’expertise qui a été fait est incomplet. On ne peut pas me dire qu’un individu a dix téléphones et que seuls trois téléphones ont pu être expertisés et venir prétendre que le travail d’expertise est terminé. Je le répète. Ce travail est correct et acceptable, mais on n’aurait pu aller plus loin pour une véritable manifestation de la vérité”.

À cause de cet état de choses, l’avocat de la Dgre émet, lui aussi, des réserves et estime que G. Bell Bitjocka a, certes, ouvert les portes de la vérité, mais il n’est pas allé au-delà. Me Claude Assira clame que la demie-vérité n’est pas une vérité. Ainsi qu’il affirme: “Le seul bémol que je peux apporter à l’expertise qui est louangeuse, c’est que quand on ouvre une porte, il aurait fallu qu’on l’ouvre de façon franche. À partir du moment où la vérité à des épithètes, ce n’est plus tout à fait la vérité. Je le dis parce que hier(lundi, 1er juin 2026), les questions qui étaient posées par l’accusation et qui orientaient le témoin vers des préoccupations qui n’avaient rien à voir avec le débat du jour. Allez savoir qui discutait avec l’ancien directeur général des impôts m’a paru, de mon point de vue, incongru”.

Au finish, les avocats des parties civiles regrettent que ce travail d’expertise incomplet ne soit pas une simple omission, mais plutôt une orientation des esprits vers certains pour éviter de s’intéresser à d’autres. D’ailleurs, le questionnement du commissaire du gouvernement, conclut C. Assira, a voulu entraîner l’expert dans des domaines qui n’avaient pas une corrélation avec l’affaire Martinez Zogo. Après plusieurs heures de débat, l’affaire a été renvoyée au 22 et 23 juin 2026 à la demande du ministère public pour la re-examination du témoin de l’accusation. Il était 23h.

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