Par Hajer Elina
La mort d’Anicet Georges Ekane, 74 ans, survenue en détention, suscite une vive indignation au sein de l’opposition camerounaise. Dans une déclaration rendue publique, Cyrille Sam Mbaka, président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP), estime que ce décès, qu’il qualifie de « brutal, prévisible et évitable », illustre « l’inhumanité d’un régime » arrivé selon lui « à la fin d’un cycle ».
Cyrille Sam Mbaka rappelle qu’Anicet Ekane, opposant politique, était connu pour son état de santé fragile. Oxygénodépendant et atteint d’un Covid long, il nécessitait un apport permanent d’oxygène à l’aide d’un appareil respiratoire personnalisé. Selon Cyrille Sam Mbaka, son interpellation puis son maintien en détention dans des conditions sommaires, sans cet équipement médical, ont rendu son décès inéluctable.
Quelques jours après son arrestation, des rumeurs avaient fait état de sa mort, avant d’être démenties par ses avocats. Les autorités avaient alors indiqué qu’Anicet Ekane se trouvait en soins intensifs. Pour Cyrille Sam Mbaka, rien ne justifiait cependant son maintien en détention. Il estime qu’une résidence surveillée, assortie du retrait de son passeport et d’une interdiction de quitter le territoire, aurait suffi et aurait permis de préserver sa vie, l’opposant ne représentant « aucune menace pour la République ni pour les institutions ».
Malgré les protestations de ses avocats et les inquiétudes exprimées par sa famille, Anicet Ekane est resté détenu jusqu’à la dégradation irréversible de son état de santé. Cyrille Sam Mbaka y voit une relation directe de cause à effet et juge que « toutes les explications du monde ne suffiront pas à dissiper les suspicions et le doute ».
Le président de l’Afp s’insurge également contre l’autopsie pratiquée sur le corps d’Anicet Ekane, malgré l’opposition de sa famille et de ses conseils. Selon Cyrille Sam Mbaka, cette décision imposée par les autorités ne fait qu’aggraver le malaise, d’autant que les conclusions de l’examen tardent à être rendues publiques, alimentant la défiance et les soupçons au sein de l’opinion.
Pour Cyrille Sam Mbaka, la disparition d’Anicet Ekane marque un tournant. Il estime que l’opposant, mort « étouffé » et « en suffoquant », entre désormais dans la mémoire collective camerounaise et que son ombre « crie déjà justice ». Anicet Georges Théodore Ekane était une figure de l’opposition camerounaise. Son arrestation et son décès en détention interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques et de critiques récurrentes sur le respect des droits humains et les conditions de détention au Cameroun. L’Alliance des Forces Progressistes, dirigée par Cyrille Sam Mbaka, réclame des éclaircissements complets et des responsabilités à la suite de ce décès.
