Par Zobel A Mbon
Les différentes antennes de l’association sont mobilisées depuis le 16 juin dernier pour 7 jours d’activités. Lesquelles s’achèveront le 23 juin, date officielle de la commémoration internationale.
Au-delà des discours, les organisatrices ont privilégié l’action concrète. Le programme présenté par la marraine Marie Denise Abeng épouse Essola, 5e Adjointe au Maire, s’articule autour de plusieurs volets complémentaires. Des campagnes de dépistage gratuit permettront aux femmes de se faire examiner pour le cancer du col de l’utérus, l’hypertension et le diabète. Des juristes animeront ensuite des conférences-débats pour démystifier la loi sur la succession, expliquer la gestion des biens et accompagner les veuves dans les démarches d’obtention des actes de décès. Sur le plan professionnel, des ateliers pratiques en couture, en transformation agroalimentaire et en fabrication de savon leur transmettront des compétences directement vendables. La gastronomie ne sera pas en reste, avec des stands dédiés à la valorisation du savoir-faire culinaire des veuves afin de créer des opportunités de revenus.
Le maire Valentin Bossambo Epoupa a planté le décor en saluant la cohérence du thème “Justice, dignité, autonomisation des veuves”.
“La première bataille d’une veuve est juridique. Quand le mari décède, certaines perdent tout : la maison, les enfants, la dignité. Elle doit donc apprendre à défendre ses droits pour exister socialement”, a-t-il affirmé.
Sur le volet économique, il a été direct :
“Donner de l’argent, c’est bien. Mais former, c’est mieux. Chaque atelier de cette semaine vise un seul but : donner à ces femmes des compétences vendables. Des arguments économiques pour qu’elles ne dépendent plus de personne et sortent définitivement de la précarité”.
Pour cette 6e édition locale, la marraine de l’association des veuves de Douala 3e Marie Denise Abeng, 5e Adjointe au Maire, assume un changement de paradigme.
“On ne veut plus des veuves assistées. Ce qui fait la force de cette édition, c’est qu’on met les formations au centre, on vérifie qu’elles sont appliquées, et on travaille l’estime de soi. Une femme qui a confiance en elle ose entreprendre. Le veuvage n’est qu’une adresse administrative. Cette adresse peut devenir une opportunité entrepreneuriale”, a-t-elle laissé entendre.
Le changement est déjà visible selon elle chez les femmes veuves de l’arrondissement de Douala 3e, avec l’appui des partenaires comme le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et des organisations non gouvernementales locales :
“De 2020 à 2026, nos femmes ont reçu plus de 5 distinctions. Pourquoi ? Parce qu’elles ont cessé de se faire identifier comme des veuves, et se présentent désormais comme des femmes entrepreneures. Elles sont devenues des cheffes de famille, des contribuables, des citoyennes camerounaises à part entière”.
Le message pour cette 16e édition est donc clair pour les femmes veuves de l’arrondissement de Douala 3e : sortir de la précarité pour agir et prendre leur destin en main. La mairie a instauré une compétition entre les différentes antennes pour récompenser le meilleur projet d’autonomisation à la clôture de la semaine d’activités le 23 juin prochain
