Par Joël Onana
Selon le document adressé au régulateur des médias, la chaîne de télévision a notamment présenté l’avocate comme une « veuve noire », un « phénomène physique vivant naturel » ou encore un « spécimen référentiel de musée de la laideur ». Des qualificatifs que le Barreau considère comme une violation grave de la dignité humaine et des règles élémentaires de déontologie journalistique.
L’Ordre des avocats conteste également des affirmations diffusées au cours de cette séquence, notamment des allégations selon lesquelles Me Esther Félicité Ziefman aurait été suspendue par le Barreau de Paris pour des manquements éthiques et déontologiques, avant d’être prétendument radiée à vie. Pour le Barreau du Cameroun, ces accusations sont dépourvues de fondement et relèvent de la diffamation.
Dans sa correspondance, le bâtonnier souligne que « la violence verbale de cette séquence médiatique est d’autant plus consternante et condamnable » qu’elle semble directement liée à l’exercice professionnel de l’avocate. Il relève que les attaques interviennent dans le contexte de sa participation au procès de l’affaire Martinez Zogo, où elle représente les intérêts de la famille du journaliste assassiné.
Le Barreau estime que ces propos portent atteinte non seulement à l’honneur et à la réputation de Me Ziefman, mais également à l’indépendance de la profession d’avocat. L’institution appelle ainsi le Conseil national de la communication à examiner les faits et à prendre les mesures appropriées contre l’organe de presse concerné.
Cette nouvelle controverse intervient alors que le procès de l’affaire Martinez Zogo continue de susciter une forte attention médiatique et politique au Cameroun. Plusieurs organisations professionnelles et acteurs de la société civile suivent avec vigilance l’évolution de ce dossier, considéré comme l’un des procès les plus sensibles de ces dernières années.
Journaliste et animateur radio, Martinez Zogo avait été enlevé en janvier 2023 avant que son corps ne soit retrouvé quelques jours plus tard dans la périphérie de Yaoundé. Le procès ouvert devant le Tribunal militaire de Yaoundé met en cause plusieurs personnalités civiles et militaires et continue d’alimenter de vifs débats sur la justice, la liberté d’expression et la protection des acteurs judiciaires au Cameroun.
