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Cameroun | Le Mrc tente de panser les blessures de la présidentielle de 2025

Yaoundé – Huit mois après la présidentielle controversée d'octobre 2025, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) s'est engagé dans un processus interne destiné à restaurer la cohésion d'un parti profondément secoué par les divisions apparues pendant la séquence électorale. Une démarche que la direction présente comme une opération de clarification et de remobilisation, mais qui continue d'alimenter les débats au sein de l'opposition.

by world top news
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Par Joël Onana

Dans un article publié le 18 juin, le magazine Jeune Afrique revient sur les fractures qui ont traversé le parti de Maurice Kamto après l’invalidation de sa candidature à l’élection présidentielle. Le média souligne notamment le rôle joué par certains cadres et militants qui avaient choisi de soutenir d’autres candidats de l’opposition, parmi lesquels Issa Tchiroma Bakary ou Bello Bouba Maïgari.

Pour tenter de refermer cette parenthèse, la convention du Mrc du 21 décembre 2025, qui a marqué le retour de Maurice Kamto à la présidence du parti, avait validé la création d’une Commission ad hoc de clarification et de restauration. Placée sous la responsabilité de Pierre Emmanuel Binyam, secrétaire général adjoint du parti, cette structure est chargée d’écouter les militants et responsables ayant adopté des positions jugées contraires aux orientations du mouvement durant la période électorale.

Selon Jeune Afrique, une vingtaine de convocations auraient déjà été adressées et une cinquantaine de comparutions seraient attendues. Toutefois, plusieurs observateurs proches du dossier contestent ces chiffres et affirment que la commission est encore loin d’avoir atteint un tel niveau d’activité. Ils soulignent notamment que le nombre de convocations effectivement distribuées resterait très inférieur aux estimations avancées dans l’article.

La direction du Mrc insiste de son côté sur le caractère non disciplinaire de l’initiative. Selon Pierre Emmanuel Binyam, il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières mais d’un exercice d’écoute visant à comprendre les comportements observés pendant la crise électorale afin de préparer sereinement les prochaines échéances politiques.

Le processus n’est cependant pas accueilli favorablement par tous les militants concernés. Certaines personnalités, à l’instar de Willy Mengue ou de l’ancienne conseillère municipale Laure Noutchouang, ont choisi de ne pas répondre favorablement aux sollicitations de la commission, illustrant la persistance de tensions internes.

À l’approche des élections législatives et municipales, l’enjeu est majeur pour le principal parti d’opposition. Après une présidentielle qui a profondément remodelé le paysage politique camerounais et provoqué l’éclatement de plusieurs alliances de circonstance, le Mrc cherche désormais à retrouver son unité et à remobiliser sa base militante en vue des prochains scrutins.

L’exclusion de Maurice Kamto de la présidentielle d’octobre 2025 avait provoqué d’importantes divergences stratégiques au sein du Mrc. En l’absence de consigne de vote officielle, de nombreux militants et responsables avaient apporté leur soutien à d’autres candidats de l’opposition, notamment Issa Tchiroma Bakary. Cette situation avait contribué à fragiliser la cohésion du parti et ouvert une période de fortes tensions internes dont les effets continuent de se faire sentir plusieurs mois après le scrutin.

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