Par Joël Onana
Identifié comme Ekome Treasure, le suspect a simulé un malaise au moment de son arrestation. Il a été conduit à l’hôpital, où des gendarmes montent la garde à l’entrée de sa chambre en attendant son transfert à la gendarmerie pour interrogatoire.
Le drame s’est produit jeudi 21 août 2026. Après avoir décapité sa femme, Ekome Treasure a enfermé le corps dans la maison et l’a dissimulé sous un lit. Il a ensuite quitté Yaoundé avec leurs trois enfants, qu’il est allé déposer chez leur grand-mère maternelle à Kumba, avant de tenter de poursuivre sa fuite vers le Nigeria.
La découverte du corps mutilé a provoqué une vive émotion à Tsinga et sur les médias sociaux. Les enquêteurs devront désormais établir les circonstances exactes ainsi que le mobile de ce meurtre particulièrement atroce.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte marqué par une progression inquiétante des féminicides au Cameroun. Les chiffres communiqués par le gouvernement font état de 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025. Au premier trimestre 2026, 26 nouveaux cas avaient déjà été recensés. En juin, le bilan était passé à 50 féminicides depuis le début de l’année.
Au total, plus de 245 femmes ont été tuées au Cameroun depuis 2023, souvent par leur conjoint, leur ancien partenaire ou un membre de leur entourage. Les organisations féministes estiment que la réalité est encore plus grave, en raison de l’absence d’un mécanisme national harmonisé permettant de recenser tous les cas.
Les violences faites aux femmes demeurent également très répandues dans le pays. Selon Onu Femmes, 39 % des Camerounaises âgées de 15 à 49 ans ont déjà subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, le plus souvent de la part d’une personne proche.
Face à cette situation, les associations réclament l’inscription du féminicide comme infraction spécifique dans le code pénal, l’adoption d’une loi contre les violences basées sur le genre, la création de structures d’accueil efficaces et une meilleure protection des victimes.
Elles dénoncent aussi la lenteur des procédures judiciaires, l’insuffisance des enquêtes et l’impunité qui entoure encore plusieurs affaires. L’interpellation d’Ekome Treasure ouvre désormais la voie à une procédure judiciaire très attendue par une opinion publique profondément choquée.
