Par Ilyass Chirac Poumie
Au Cameroun, l’affaire impliquant le maire de Dschang connaît un nouveau rebondissement. D’après des informations concordantes, Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou aurait quitté le territoire national pour s’installer en France, quelques semaines après sa condamnation judiciaire.
En mars 2026, l’édile avait été reconnu coupable d’abus de fonction dans le cadre de l’affaire dite Saptrans. Le tribunal l’avait condamné à six mois de prison ainsi qu’au paiement de plus de 30 millions de francs Cfa. Toutefois, en raison de son âge et de sa fonction, la juridiction avait décidé qu’il ne purgerait pas sa peine en détention, sous réserve du respect de certaines conditions spécifiques.
Les faits reprochés au maire concernent notamment l’arrêt des travaux de construction d’un centre de visite technique de véhicules, un projet pourtant préalablement autorisé par lui-même, ce qui a été qualifié d’irrégularité dans l’exercice de ses fonctions.
Dans la même affaire, deux de ses collaborateurs ont été condamnés à deux mois de prison ferme chacun. Contrairement au maire, ils ont fait l’objet d’un mandat d’arrêt et ont été immédiatement incarcérés pour purger leur peine.
Le départ supposé du maire vers la France soulève désormais des interrogations sur le respect des conditions judiciaires fixées par le tribunal et pourrait relancer le débat sur l’exécution des décisions de justice concernant les responsables publics au Cameroun.
L’affaire Saptrans s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les abus de fonction et la gouvernance locale au Cameroun. Ces dernières années, plusieurs responsables municipaux ont été inquiétés par la justice pour des faits liés à la gestion administrative et financière, dans un climat de demande accrue de transparence et de redevabilité.
