Par Serge Aimé BIKOI
Six mois après la tenue de la convention extraordinaire du Mrc (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) en visioconférence, Mamadou Mota est monté au créneau et relève, d’emblée, que le parti au pouvoir s’est, depuis plusieurs mois, trouvé une nouvelle vocation, celle du romancier de gare, un auteur de fiction grossière à longueur de plateau et de télévision et de publication sur les réseaux sociaux, bien aidés par quelques courtisans utiles et anciens compagnons parfois. Le premier vice-président national du Mrc pense que le régime de Yaoundé tente de nous vendre un scénario de politique-fiction lié au fait que la convention du Mrc tenue en décembre 2025 serait illégale et que le Pr Maurice Kamto serait un président illégitime. Pour Mamadou Mota, “il s’agit du retour de la vieille méthode de la diversion. Quand on est incapable de masquer ses propres faillites, on invente une entreprise chez le voisin. C’est la triste réalité malheureusement. À ces professionnels du mensonge, nous sommes venus, aujourd’hui, opposés une arme redoutable, une arme qui les terrifie, la vérité des faits: la chronologie rigoureuse, administrative, juridique que nous vous présenterons aujourd’hui”.
Grâce à cette chronologie annoncée et contenue dans les textes fondateurs du Mrc, l’homme politique indique que le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a fonctionné avec une discipline d’horloger. “Chaque texte, chaque amendement et chaque vote ont été scrupuleusement déposés dans les règles de l’art auprès des autorités administratives. N’en déplaise aux exégètes de mauvaise foi, qui passent leur temps sur les plateaux de télévision à passer un autre message”, explique Mamadou Mota.
Le premier vice-président national du Mrc fait savoir à ces exégètes de mauvaise foi qu’ils se mêlent les pinceaux.
“Ceux qui nous gouvernent croyaient nous avoir enterrés sous la bannière d’une interdiction administrative quand le sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé IV a interdit notre convention physique en novembre 2025. Le régime jubilait déjà. Ils ont oublié que nous vivons au XXIème siècle. Nous avons opposé l’intelligence technologique à la brutalité bureaucratique, en tenant notre convention par visioconférence. Ils ont voulu fermer les portes du dialogue, nous avons ouvert les portes du numérique”,
ajoute-t-il.
Pour le numéro 2 du Mrc, cette obstination du pouvoir à vouloir éliminer Maurice Kamto du jeu politique lui rappelle cette célèbre formule d’Emmanuel Kant dans ses écrits politiques: “Le droit ne doit jamais se régler sur la politique, mais c’est la politique qui doit se régler sur le droit”. Au Mrc, explique Mamadou Mota, “nous appliquons Kant sur le Droit. Le régime, quant à lui, tord le cou au Droit pour faire sa petite politique. Cette toute la différence entre un grand parti démocratique(référence faite au Mrc) et un pouvoir aux abois et en fin de cycle. Le premier vice-président national du Mrc s’interroge : “Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi cette peur-panique de voir Maurice Kamto diriger le Mrc et concourir à la la magistrature suprême ?
Et l’homme politique de répondre :
“Parce qu’ils savent très bien qu’ils ont perdu le lien avec le peuple. Alors, ils multiplient des obstacles; ils repassent à l’infini les élections législatives et municipales, faisant de nos députés et de nos maires des élus locaux à vie. Ils confisquent les libertés; ils harcèlent l’opposition ; ils pensent qu’en coupant les branches, ils empêcheront le printemps politique du Cameroun de renaître. Ils feraient bien de méditer cette magnifique sentence du poète Socialiste, Pablo Nelouda: “Ils peuvent couper toutes les fleurs, mais jamais ils ne seront les maîtres du Printemps”,
clame-t-il sans ambages.
Dans cette allocution liminaire, le premier vice-président national du Mrc indique que le dossier de presse remis, ce jour, aux médias est un “vaccin contre la désinformation”.
“S’ils sont si forts, s’ils sont si sûrs de leur popularité, qu’ils cessent d’interdire nos réunions, qu’ils nous affrontent à la régulière sans triche, sans fraude et sans béquilles administrative et policière ! Ainsi saurons-nous s’ils sont populaires”,
conclut-il!
Malheureusement, regrette M. Mota, ils s’appuient sur la béquille policière, sur la béquille juridique pour condamner des personnes.
En rappel, en ce qui concerne la convention extraordinaire du 21 décembre 2025, les éléments textuels rendus publics établissent qu’aucune disposition des statuts et Règlement intérieur adoptés lors de la convention ordinaire, qui s’est tenue du 9 au 10 décembre 2023 et lors du conseil national du 24 octobre 2024 n’interdit la tenue, par visioconférence, des réunions des instances du parti.
En 2020, pendant le Covid, le directoire du parti a continué à fonctionner, en tenant ses réunions par visioconférence. Néanmoins, sachant le contexte d’acharnement du régime contre le Mrc, explique Mota, “le directoire, lors de sa réunion ordinaire du 2 décembre 2025, a modifié l’article 68 du Règlement intérieur (conformément à l’article 91 dudit Règlement intérieur) permettant ainsi la tenue de la convention extraordinaire ou du conseil national extraordinaire par visioconférence ou tout autre moyen technique approprié ou en mode bimodal sur décision du directoire”. Le Mrc indique qu’il s’agit là de la base légale qui, sur le plan juridique, valide la tenue, par visioconférence, de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025.

Aux adversaires politiques qui prétendent que Maurice Kamto est retourné au Mrc le 10 septembre 2025, M. Mota fait savoir que ce dernier n’a déposé sa demande de réintégration suivant les textes de base du parti que le 2 octobre 2025. Cette demande a été examinée par le Conseil national de médiation et d’arbitrage, lequel a rendu sa décision le 3 octobre 2025. “Cette décision, illustre Mota, a été approuvée conformément aux textes du Mrc par le directoire lors de sa session ordinaire du 7 octobre 2025. Cette décision réintègre M. Kamto comme militant du Mrc et constate que sa démission faisant suite à une résolution du conseil national du 24 octobre 2024 n’a pas eu d’effet interruptif sur son militantisme”. Toute chose qui signifie, manifestement, qu’au moment de la tenue de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025, M. Kamto avait l’ancienneté requise par l’article 29 des statuts du parti d’alors.

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