Par Arlette Akoumou Nga
Le sous-préfet de Yaoundé V a lancé une série de descentes sur le terrain pour contrôler les églises de réveil installées dans son arrondissement. Cette opération intervient quelques jours après le meurtre particulièrement violent d’une fillette de 7 ans, poignardée à 17 reprises par sa voisine de 22 ans.
Selon les premiers éléments de l’enquête, la jeune femme aurait affirmé avoir agi à la suite d’une « révélation divine », un drame qui a profondément choqué l’opinion publique et ravivé le débat sur les dérives de certains mouvements religieux.
En réaction, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a annoncé une série de mesures administratives, parmi lesquelles la fermeture de plusieurs églises dites « born again » ne respectant pas la réglementation en vigueur.https://x.com/i/status/2076627419264422268
Au cours d’une conférence de presse, le ministre a vivement dénoncé certains responsables religieux, les qualifiant de « brigands qui mentent et détruisent des familles ». Il a réaffirmé la détermination du gouvernement à assainir le secteur des lieux de culte et à faire respecter les lois de la République.
Ces décisions suscitent toutefois une vive controverse. Plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile estiment que la campagne engagée par les autorités risque de se transformer en persécution contre les églises évangéliques et de porter atteinte à la liberté de religion garantie par la Constitution camerounaise.
Le gouvernement, de son côté, assure que les contrôles visent uniquement les structures illégales ou celles dont les activités présentent un risque pour l’ordre public, et non une confession religieuse en particulier.
Le Cameroun compte plusieurs milliers d’églises de réveil, dont un grand nombre exercent sans autorisation administrative. Depuis plusieurs années, les autorités dénoncent la prolifération de lieux de culte clandestins, accusés pour certains de pratiques abusives, d’escroquerie ou de manipulation psychologique. Le meurtre de la fillette à Yaoundé a relancé les appels à un renforcement du contrôle de ces structures religieuses.
