Par Joseph OLINGA N.
Le spectre du débat relatif à l’absence prolongée du chef de l’État camerounais hors du pays n’est pas étrangère à l’ambiance qui entoure les décrets portant promotions et nominations aux sein des forces armées camerounaises. Ce août, des décrets promouvant des colonels au grade de général ainsi que des nominations au commandement de la Garde présidentielle, de la Brigade d’intervention rapide et de l’État-major des armées ont été rendu public. Des actes qui pour certains participent du rajeunissement et du renouvellement dans le management des corps armées. Tandis que pour d’autres, les actes présidentiels lus ce 04 août sur les antennes de la Cameroon radio and televison, la chaîne à capitaux publics participent d’une volonté de positionner des hommes clés dans la perspective d’une éventuelle transition au sommet de l’État.
L’un.des points d’achoppement majeur des actes présidentiels rendus publics ce 04 août est sans doute le remplacement du Général Hector Marie Tchemo au poste de major général de l’État-major des armées par le Général Hyppolite Ebaka. Un changement de commandement qui intervient quelques jours après la relégation en deuxième section de cet officier supérieur qui assumait jusque-là le rôle de chef d’Etat-major des armées, en l’absence du Général René Claude Meka qui connait des problèmes de santé préoccupant depuis quelques mois. Un remplacement dont l’effet est encore plus amplifié par le maintien au poste du Général René Claude Meka visiblement plus âgé que son adjoint appelé à faire valoir ses droits à la retraite.
Cumul de postes
Le maintien du Général de division Hyppolite Ebaka, nommé major général de l’État-major des armées, au poste de major général de l’armée de terre est une autre source de polémiques. De même que la promotion du Contre-amiral Ade Kwenti au poste de Commandant de la troisième région militaire (région du Nord) suscite, elle aussi, des remous feutrés au sein de l’opinion. L’officier supérieur qui occupait le poste de major général de la marine nationale conserve son poste.
Concentration régionale
Des cas à polémiques auxquels certains observateurs associent la proportion des promus accordée aux régions du Sud, du Centre et de l’Est. Un point de fixation auquel certains contestataires ajoutent la forte prédominance des officiers supérieurs issus des régions du Sud, du Centre et de l’Est aux postes de commandement des corps d’élite de l’armée camerounaise.
Les promotions et nominations au sein des forces de défense camerounaise suscitent aussi un débat sur l’opportunité de la création de nouveaux généraux au sein des forces armées camerounaises. La nomination de nouveaux général au sein des forces armées camerounaises intervient en effet un an après celle intervenue en juillet 2025. Un fait inédit selon de nombreux observateurs, dans un contexte où le passage des grades dans la haute hiérarchie de l’armée camerounaise intervient souvent une fois au cours d’une décennie.
Guerre des clans
Difficile dès lors de dissocier dans l’imagerie populaire, le schéma des clans qui positionnent leurs pions en perspective de l’éventuelle prise de pouvoir, supposée ou réelle, que certains entrevoient à l’horizon. Une perspective accentuée par le débat sociopolitique alimenté par l’existence de faits mettant en perspective ce qui apparaît comme des dissonances au sein de l’établissement.
