Par Joël Onana
La colère monte chez les consommateurs. Depuis plusieurs semaines, de nombreux ménages signalent des difficultés pour s’approvisionner normalement en gaz domestique. Plusieurs marques, notamment Tradex, SCTM et CamGaz, sont concernées par les ruptures rapportées dans différents points de vente.
Pour certaines familles, l’achat d’une simple recharge se transforme en véritable expédition. Des consommateurs parcourent plusieurs quartiers avec leurs bouteilles vides, parfois à moto, à la recherche d’un dépôt encore approvisionné. Lorsque des livraisons sont annoncées, des files d’attente peuvent rapidement se former. Cette rareté favorise également les circuits parallèles. Des consommateurs dénoncent des bouteilles proposées à des tarifs largement supérieurs aux prix habituels par des revendeurs profitant de la pénurie.
Les conséquences se font directement sentir dans les cuisines. Faute de gaz, certains ménages se rabattent sur le charbon de bois ou le bois de chauffe, avec des dépenses supplémentaires et une exposition accrue aux fumées domestiques.
Pour les consommateurs, le gaz n’est pourtant plus un produit accessoire : il constitue l’une des principales sources d’énergie utilisées quotidiennement pour préparer les repas.
Les difficultés d’approvisionnement relancent ainsi les interrogations sur la disponibilité des stocks, la distribution, les importations et les contraintes financières auxquelles sont confrontés certains opérateurs du secteur.
Face à cette situation, les consommateurs réclament une intervention rapide des pouvoirs publics et des marketeurs afin de rétablir un approvisionnement régulier et d’empêcher la spéculation.
Le marché camerounais du gaz domestique repose sur une chaîne comprenant l’importation ou l’approvisionnement en GPL, le stockage, le remplissage des bouteilles puis leur distribution par différents opérateurs.
Toute perturbation à l’un de ces niveaux peut rapidement provoquer des tensions dans les points de vente, particulièrement dans les grandes agglomérations où la consommation est importante.
La persistance des difficultés actuelles pose désormais une question centrale : combien de temps faudra-t-il pour rétablir durablement l’approvisionnement et permettre aux ménages camerounais de retrouver normalement leurs bouteilles de gaz ?
